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Le Pr Dominique Maraninchi, président de l’Inca, a indiqué lors de la conférence de presse de lancement de la nouvelle campagne, à La Villette à Paris, que le dispositif de 2007 avait pour but de rendre sensible la vie avant, pendant et après un cancer. En revanche en 2008, indique le dossier de presse diffusé à cette occasion, l’objectif est "d’améliorer les connaissances en invitant l’opinion à s’intéresser aux moyens d’agir face aux cancers".Cette nouvelle campagne a coûté à l’Inca "opérateur de l’Etat", 1,5 million d’euros, soit environ un pour cent de son budget, selon le Pr Maraninchi. Ni le président de l’Inca ni Emmanuelle Bara, directrice de l’information des publics à l’Inca, n’ont toutefois pu fournir, lors de la conférence de presse, de décompte détaillé des dépenses, mais selon Emmanuelle Bara, "paradoxalement, le site, qui représente la partie la plus dense en information, n’est pas nécessairement celle qui a coûté le plus cher".Selon la directrice de l’information des publics, le nouvel espace du site internet de l’Inca, accessible sur l’adresse "www.e-cancer.fr/les-moyens-pour-agir/", "porte une vocation clairement pédagogique". Il ne s’agit pas d’une partie du site spécifiquement destiné aux patients en recherche d’information sur une localisation précise, mais selon le dossier de presse, "à tous ceux que les cancers préoccupent et aux acteurs relais de pédagogie que sont les médias, les professionnels de santé, les associations, les enseignants, etc...". L’information "par localisation [de cancer] est disponible ailleurs sur le site de l’Institut ou auprès de Cancer Info Service (0810 810 821)", détaille le document.UN SITE CONSTRUIT A PARTIR DES QUESTIONS QUE L’ON SE POSE TOUS LES JOURS"Il existe sur internet un foisonnement d’informations sur les cancers, mais notre démarche a consisté à rassembler en un lieu toutes ces composantes de manière transversale", a expliqué Emmanuelle Bara. Cette partie du site de l’Inca, logiquement intitulée "les moyens pour agir", compte donc quatre grandes parties constitutives, "prévenir", détecter tôt", "soigner" et "chercher", "ainsi que deux compléments", a-t-elle insisté : "une partie ’qu’est-ce qu’un cancer ?’, qui décrit la compréhension actuelle de la maladie sur les plans biologique et médical, et un glossaire".Emmanuelle Bara a ensuite indiqué que l’idée fondatrice a été de partir des questions quotidiennes du grand public, recueillies sur les forums internet, dans les études menées sur le cancer et auprès de la ligne téléphonique Cancer Info Service. Cette méthode se retrouve jusque dans l’organisation du site qui comporte deux types d’entrées : l’une, pour chacun des quatre thèmes, par une frise de personnages dont les questions apparaissent dans des bulles, et une autre, "plus académique", par chapitres, apparaissant en haut de page. Parmi les questions, on note par exemple dans la rubrique "prévenir", "si je mange bio, est-ce que je réduis mes risques de cancer ?", dans la chapitre "détecter tôt", "pourquoi je me ferais dépister si je me sens bien ?", dans la section "soigner", "comment choisir le lieu où l’on va être soigné ?", ou encore dans le thème "chercher", "est-ce que la recherche a vraiment permis des progrès ces dernières années ?".En cliquant sur ces questions, on accède "à des réponses volontairement concises et directes. Elles constituent un premier niveau d’information, que l’on peut approfondir si on le souhaite en cliquant sur ’aller plus loin’", a précisé Emmanuelle Bara.Pour les personnes ne disposant pas d’internet, un DVD sera mis gracieusement à disposition dès le mois de septembre, à condition d’en effectuer la demande sur la ligne Cancer Info Service.CAMPAGNE TV ET EXPOSITION DE PHOTOGRAPHIES A LA VILLETTE La campagne de communication à la télévision comporte quatre spots d’une durée de 30 seconde chacun, mettant en scène quatre des "héros ordinaires" apparaissant déjà sur les affiches de 2007. "Ils viennent témoigner des moyens dont tout le monde dispose pour faire face aux cancers", explique le Pr Maraninchi, qui évoque leur "légitimité incontestable" pour valoriser l’importance de la prévention, du dépistage ou des progrès effectifs des traitements.Chacun, en fin de spot, fait référence et invite de téléspectateur à consulter la nouvelle branche du site de l’Inca "pour en savoir plus sur les moyens d’agir".Ces spots seront diffusés du 9 au 29 juin sur les chaînes hertziennes (TF1, France 2, France 3, Canal + et M6) "ainsi que sur une sélection de chaînes de la TNT, du câble et du satellite et sur les chaînes des DOM [départements d’Outre-Mer]".Le Pr Maraninchi a justifié cette approche par le fait que "ces personnes sont beaucoup plus audibles que le bruit de fond", les messages de prévention de toutes sortes. "Elles font le succès et la force du témoignage", a-t-il ajouté.L’exposition de photographies comporte 40 portraits en pied sur fond blanc, grandeur nature, d’hommes et de femmes ayant affronté un cancer. Elle est l’œuvre du photographe Jean-Gabriel Barthélémy. Inaugurée le jeudi 5 juin et installée pour une durée de 3 semaines, elle se situe en plein air, dans le Parc de la Villette à Paris (XIXe arrondissement), de la Fontaine aux Lions jusqu’à la Géode. DU CANCER AUX CANCERS, DE LA PEUR A LA VIGILANCEChaque photographie invite à se rendre sur le site de l’Inca, e-cancer.fr, et comporte quelques phrases de témoignages de la personne photographiée. Ainsi, on note le commentaire d’Anne-Laure : "Après un cancer du sein, j’ai eu plus de difficultés à retrouver un travail qu’à me reconstruire physiquement. Alors, j’ai décidé d’écrire et d’en faire mon métier". Autres témoignages, celui de Denise : "je me souviendrai toujours du jour où je suis sortie de l’hôpital après avoir été opérée de mon cancer de la thyroïde. Mon mari m’a emmenée au restaurant. La vie avait repris le dessus", ou encore celui de Norbert : "après avoir été opéré de mon cancer colorectal, ma question était : vais-je pouvoir reprendre une vie de famille normale ? La réponse est oui".D’une campagne à l’autre, le passage du cancer singulier aux cancers pluriels n’est pas anodin, a expliqué le Pr Maraninchi, pour lequel "peu de ressemblances existent entre les différents cancers (...) On stigmatise à travers ce nom des situations très différentes et parfois préoccupantes", a-t-il indiqué.Finalement, c’est Jacques Martial, président du Parc de La Villette, hébergeur à titre gracieux de l’exposition, qui a le mieux résumé l’enjeu de la campagne de l’Inca : il s’agit selon ses mots "d’alerter, non pas pour éveiller la peur mais pour la vaincre"./ep/ajr

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9 juin 2008

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