UN RISQUE DE CANCER DU REIN QUINTUPLÉ CHEZ LES SALARIÉS D’UNE USINE AUVERGNATE DE PRODUCTION DE VITAMINES Un risque de cancer du rein quintuplé chez les salariés d’une usine auvergnate de production de vitamines
Suite à l’observation de 10 cas de cancer du rein parmi les salariés de cette usine en 10 ans, l’InVS a entrepris une investigation épidémiologique à travers deux études complémentaires : une étude de cohorte et une étude cas-témoin.L’étude de cohorte a porté sur les 2.523 personnes ayant travaillé chez Adisseo pendant au moins six mois en cumulé entre le 1er janvier 1960 et le 31 décembre 2003, parmi lesquelles 22 ont développé un cancer du rein.L’étude de l’incidence du cancer du rein chez les personnes salariées de l’usine entre le 1er janvier 1989 et le 31 décembre 2003 montre un risque de cancer du rein multiplié par 5,3 chez les hommes de la cohorte, comparativement à la population générale masculine française.Cet excès est statistiquement significatif et va dans le même sens que le ratio d’incidence standardisé de 13,1 calculé dans le rapport préliminaire, commentent les auteurs.Ils soulignent également que ce n’est pas contradictoire avec le fait que l’étude n’ait pas mis en évidence d’excès statistiquement significatif de décès par cancer du rein entre le 1er janvier 1968 et le 31 décembre 2002 chez les salariés de l’usine. "La bonne survie des personnes atteintes de cancer du rein et la pratique dans l’usine d’un dépistage échographique peuvent expliquer ce phénomène", indiquent-ils.L’étude cas-témoin, nichée dans l’étude de cohorte, a inclus 18 personnes atteintes de cancer du rein et 82 témoins appariés sur le sexe et sur l’âge. Pour l’instant, ont été retrouvés les trois facteurs de risque de cancer du rein les plus constamment cités dans la littérature scientifique : surpoids, hypertension artérielle et tabagisme, témoignant de "la qualité de l’échantillonnage et des données recueillies".Le rapport final des études épidémiologiques est prévu pour la fin 2007. Sont attendus les résultats de l’analyse de la mortalité en fonction des paramètres professionnels dans l’étude de cohorte, et les résultats de l’analyse statistique détaillée du risque de cancer du rein en fonction des expositions professionnelles dans l’étude cas-témoin.L’APM avait interrogé début 2003 le toxicologue Henri Pézerat. Le spécialiste avait estimé que l’excès de cancer du rein sur le site industriel, et en particulier dans l’atelier de synthèse de la vitamine A, était "au minimum 20 à 30 fois supérieur" à la population générale. Il avait pointé du doigt la modification du procédé de fabrication en 1984, et notamment le recours à un intermédiaire de synthèse le chloracétal./vdb/ajr

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20 mars 2007

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