PLAN CANCER : LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE LUI DONNE UN NOUVEL ÉLAN Plan cancer : le président de la République lui donne un nouvel élan
Trois ans après avoir engagé "une mobilisation nationale contre le cancer", Jacques Chirac a réuni environ 300 personnes -professionnels de santé impliqués dans la lutte contre le cancer, chercheurs, représentants des associations de patients, administratifs, parlementaires- en présence du Premier ministre et de plusieurs ministres dont celui de la santé, Xavier Bertrand."En trois ans, grâce à vous, la donne a changé. Vous avez uni vos forces aux côtés des pouvoirs publics et de l’Institut national du cancer (Inca), que préside le Pr David Khayat", a déclaré le chef de l’Etat, en saluant l’"engagement et l’action efficace, humaine et résolue" du président de l’Inca."Les résultats sont là. Dans tous les domaines de la lutte contre le cancer, nous avons marqué des points. Mais l’heure n’est pas aux bilans. Elle est à un nouvel élan pour progresser encore", a indiqué Jacques Chirac.Si les réalisations sont nombreuses -comme le montre le bilan à trois ans que publie jeudi l’Inca dans un document de près de 400 pages-, beaucoup des 70 mesures du Plan doivent encore faire leur chemin dans les établissements de santé, étant donné les révolutions qu’elles entraînent dans la prise en charge, l’organisation des soins, la pratique médicale ou la gouvernance. Le président s’est montré déterminé à aller plus loin "pour les malades, pour leurs proches, pour la société entière".Il a annoncé un plan d’action global contre les addictions au tabac, à l’alcool et au cannabis, causes majeures de cancer, et la prise de décisions définitives avant fin 2006 pour le tabagisme passif.ACCÉLÉRER LE PAS POUR LE DÉPISTAGEDans le domaine du dépistage, "il faut accélérer le pas", a déclaré le chef de l’Etat.En dépit de l’accroissement notable du nombre de mammographies en deux ans, "trop de femmes ne s’y prêtent toujours pas", a-t-il constaté, demandant à l’Inca et à l’assurance maladie de "s’engager pour que le dépistage du cancer du sein devienne plus qu’un droit : une réalité pour toutes les femmes".Après le dépistage du cancer du col de l’utérus et du cancer colorectal, "désormais engagés", il y a également le cancer de la prostate, troisième cancer le plus mortel chez l’homme. "Son dépistage doit être évalué, dès l’an prochain, dans des régions pilotes, en vue de son éventuelle mise en place. Nous aurons ainsi le système de dépistage le plus complet du monde", s’est-il félicité.Jacques Chirac souhaite par ailleurs que le gouvernement et les partenaires sociaux s’engagent davantage pour renforcer la prévention des cancers professionnels.UN PLAN DE RECHERCHE GÉNOME ET CANCERLe président a également demandé au gouvernement de lancer un programme national de recherche sur le thème génome et cancer, en mobilisant, à travers les cancéropôles, "les meilleures équipes hospitalières et scientifiques" et en s’appuyant sur le Centre d’étude du polymorphisme humain et sur le Centre national du génotypage."C’est la clef pour améliorer les diagnostics, pour avoir des traitements plus efficaces, ciblés et mieux tolérés. Encore impossible il y a trois ans, l’analyse à grande échelle des prédispositions génétiques au cancer peut désormais être engagée", a expliqué Jacques Chirac.Il faut par ailleurs tirer parti de tous les progrès accomplis depuis trois ans pour améliorer encore la qualité des soins et pour faire mieux respecter les droits des personnes malades."S’agissant de l’organisation des soins, nous sommes en train de franchir une étape décisive en instaurant une procédure d’autorisation des établissements qui seront habilités à prendre en charge les malades du cancer", rappelle le président qui veut déjà aller plus loin en lançant l’étape suivante, à savoir le chantier de la "labellisation des équipes médicales".Les décrets instaurant ce régime d’autorisations devraient paraître prochainement pour une entrée en application du dispositif en 2007.En matière d’équipements, si le retard a été rattrapé avec notamment une réduction de près de 40% des délais d’attente pour un examen IRM, l’effort doit être poursuivi. Le président souhaite que l’utilisation de ces équipements soit améliorée. "Les appareils doivent pouvoir fonctionner à plein, en élargissant les plages horaires et en permettant aux médecins, exerçant en ville, d’utiliser les équipements hospitaliers", a-t-il indiqué.Pour les traitements, après avoir franchi un grand pas en assurant le financement des médicaments innovants pour tous, "l’enjeu, maintenant, c’est la personnalisation des traitements". "Les pôles régionaux de cancérologie doivent mettre en place des plates-formes destinées à établir la carte d’identité des tumeurs", a souhaité le chef de l’Etat, demandant également à l’Inca de désigner, pour chaque tumeur rare, un centre de référence, pour assurer l’expertise et diffuser les bonnes pratiques.UN DISPOSITIF D’ACCOMPAGNEMENT À LA SORTIE DES PATIENTSSur le plan des droits des malades, "la généralisation du dispositif d’annonce est maintenant une réalité. L’entrée dans la maladie devient plus humaine", a estimé Jacques Chirac. Là aussi, il veut aller plus loin avec la mise en place d’un dispositif d’accompagnement du retour à la vie quotidienne, lorsque s’achève la phase de traitements hospitaliers, permettant outre la surveillance et les traitements spécifiques, un soutien psychologique et social ainsi que des mesures pour favoriser le retour à l’emploi.Il souhaite une expérimentation "l’an prochain, pour une généralisation en 2008", sur le modèle des expérimentations menées par la Ligue contre le cancer.Le président a aussi abordé la question de l’accès à l’assurance et à l’emprunt, souhaitant qu’une négociation sur une nouvelle convention allant plus loin que la convention Belorgey aboutisse avant le 30 juin.Saluant le travail déjà accompli, Jacques Chirac a estimé que "la France [était] dorénavant aux avant-postes de la lutte contre le cancer dans le monde"./sl/ar/ajr

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27 avril 2006

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