MORTALITÉ PAR CANCER : DE FORTES DISPARITÉS RÉGIONALES Mortalité par cancer : de fortes disparités régionales
Laurence Chérié-Challine et Marjorie Boussac-Zarebska, de l’Institut de veille sanitaire (InVS), ont analysé les données de mortalité par cancer pour ces cinq localisations provenant du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) de l’Inserm pour la période 1998-2002, afin de mettre en évidence d’éventuelles variations géographiques et de permettre aux décideurs locaux de situer leur région par rapport à la moyenne nationale, puis de mettre en place les mesures appropriées.Les résultats montrent de "fortes disparités régionales et probablement sociales de la mortalité globale par cancer, les disparités entre régions étant globalement plus marquées chez les hommes que chez les femmes", soulignent les auteurs.Elles ont ainsi observé des taux de décès par cancer tous âges significativement plus élevés dans les régions du Nord aussi bien chez les hommes que chez les femmes, plus particulièrement dans les régions Nord-Pas-de-Calais, Haute-Normandie et Picardie.Ce constat est également vrai pour les cancers accessibles au dépistage. L’écart le plus important d’une région à l’autre concerne les hommes, avec des taux de mortalité variant du simple au double pour le cancer de la prostate (8,9/100.000 personnes-années en Corse, contre 17,9 en Bretagne), de 83% pour le mélanome et de 61% pour le cancer colorectal. Chez les femmes, les variations extrêmes interrégionales s’élèvent à 78% pour les cancers colorectaux, à 67% pour les cancers du col utérin, à 88% pour les mélanomes et à 49% pour les cancers du sein (16,4/100.000 personnes-années en Alsace et Auvergne, contre 24,4 dans le Nord-Pas-de-Calais).Des différences sont également observées entre les régions au niveau des taux d’années potentielles de vie perdues, avec des taux supérieurs à la moyenne nationale dans le Nord-Pas-de-Calais pour les cancers du sein, du col utérin et colorectaux chez la femme, pour les cancers du sein en Haute-Normandie et pour les cancers de la prostate en Bretagne.Les auteurs estiment donc, au vu de ces résultats, que plusieurs régions devraient accentuer leurs actions sur ces cancers en raison du taux de mortalité supérieur à la moyenne nationale et d’un taux d’années potentielles de vie perdues avant 65 ans supérieur de 10% à la moyenne nationale.Elles citent le Nord-Pas-de-Calais pour les cancers de la prostate, du sein, colorectaux et du col utérin, la Haute-Normandie pour les cancers du sein, la Bretagne pour les mélanomes et les cancers de la prostate, la Champagne-Ardenne, le Limousin et la Bourgogne pour les cancers colorectaux chez les hommes et enfin les Pays de la Loire, la région Poitou-Charentes, le Centre et l’Auvergne pour les cancers de la prostate.Ces résultats justifient également une intensification des mesures prises à l’égard des cancers du col utérin en Haute-Normandie, en Bretagne, en Bourgogne et en Languedoc-Roussillon. Celles prises à l’égard des cancers colorectaux doivent aussi être intensifiées en Haute-Normandie pour les femmes, en Picardie et dans le Centre pour les hommes. Celles à l’égard des mélanomes méritent enfin d’être renforcées en Bourgogne, en Corse, en Basse-Normandie et en Languedoc-Roussillon pour les hommes, ainsi qu’en Lorraine et en Limousin pour les deux sexes.Les auteurs soulignent toutefois l’existence de variations infrarégionales parfois importantes qui impliquent "d’adapter les mesures et de renforcer l’accès au dépistage et aux soins des personnes les plus défavorisées"./ar/mr(Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 13 mars 2007, n° 9-10, p. 70-73)

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13 mars 2007

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