LE DÉPISTAGE À L’HONNEUR LORS DE LA SEMAINE NATIONALE CONTRE LE CANCER COLORECTAL Le dépistage à l’honneur lors de la semaine nationale contre le cancer colorectal
Avec plus de 37.000 nouveaux cas par an en France, le cancer colorectal reste le troisième cancer le plus fréquent, après les cancers de la prostate et du sein, et le deuxième en terme de mortalité après le cancer du poumon, avec près de 17.000 décès annuels. Il peut cependant être guéri, s’il est diagnostiqué suffisamment tôt.Mis en place en France en 2003, le dépistage du cancer colorectal est le deuxième grand dépistage organisé par les pouvoirs publics après celui du cancer du sein. Afin de sensibiliser à l’intérêt d’un diagnostic précoce et généraliser le dépistage, l’Inca a initié en 2007 la semaine nationale contre le cancer colorectal.Actuellement, le dépistage organisé du cancer colorectal pour les hommes et femmes de plus de 50 ans est établi dans 88 départements et sera définitivement généralisé à tout l’hexagone d’ici la fin de l’année.Les quelques 16 millions d’hommes et de femmes concernés sont donc invités à effectuer tous les deux ans un test de dépistage qui consiste en une détection de sang occulte, c’est-à-dire non visible, dans les selles, par la méthode Hemoccult. Il suffit alors de prélever un petit fragment de selle et de le déposer sur une plaquette, et ce à trois reprises, trois jours de suite.Les tests sont ensuite adressés à un centre d’analyse qui effectuera une lecture du test après adjonction d’une goutte de solution alcoolique d’eau oxygénée. Le résultat est positif si une ou plusieurs zones réactives se colorent en bleu. Dans ce cas, il y a prescription d’une coloscopie, un examen pratiqué sous anesthésie générale permettant de vérifier avec une microcaméra s’il y a ou non présence de lésions cancéreuses.D’après les chiffres de l’Institut Gustave Roussy (IGR), moins de 3% de la population qui réalisera le test Hémoccult aura un résultat positif et chez les personnes ayant effectué une coloscopie après ce test positif, plus de la moitié n’aura aucune anomalie mise en évidence, mais 10% auront un cancer détecté à un stade souvent précoce.UN DEPISTAGE LOIN D’ETRE SYSTEMATIQUESelon l’enquête Edifice 2, dont les résultats ont été révélés mardi, il semble que les opérations de dépistage de ces trois dernières années portent leurs fruits puisque 38% des personnes interrogées se sont fait dépistées, contre 25% en 2005. Mieux, pour les 22 départements inclus dans le programme pilote du dépistage national, plus d’une personne concernée sur deux a déclaré s’être fait dépister. Autre point fort révélé par cette enquête menée par les laboratoires Roche et soutenue par la ligue contre le cancer, 9 médecins généralistes sur 10 sont convaincus de l’intérêt du dépistage du cancer du colon et de son efficacité. Cependant, seuls 30% des médecins généralistes proposent le dépistage de façon systématique, un taux encore insuffisant même s’il a quasiment doublé depuis 2005."Il est nécessaire de remettre les médecins généralistes au centre du dispositif du dépistage afin qu’ils puissent remplir leur mission de prévention dans de meilleures conditions puisqu’ils sont l’un des principaux moteurs à la réalisation de ces dépistages", souligne le gastroentérologue Jérôme Viguier, membre du comité scientifique monté pour les besoins de l’enquête.Afin d’améliorer le dépistage, il s’avère indispensable d’informer le patient et l’inciter à interpeller lui-même son médecin à ce sujet. Tout médecin doit normalement disposer d’un kit Hemoccult à donner gratuitement à leur patient.Une campagne de mobilisation et d’information sera prévue pendant la semaine nationale contre le cancer colorectal, mais aussi à travers une exposition itinérante installée dans un bus qui se rendra, de mars à septembre, dans une dizaine de villes récemment entrées dans le dispositif de dépistage. L’Inca compte également fournir différents supports de communication aux centres départementaux de coordination des dépistages afin de les aider à faire connaître leurs actions auprès de la population locale.Pour le président de la ligue contre le cancer, le Pr. Francis Larra, l’objectif est d’atteindre le dépistage de 50% des personnes concernées. "On pourra alors s’attendre à une baisse significative du nombre de décès imputés au cancer colorectal"./vr/ajr

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14 mars 2008

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