LE CIRC CLASSE L’ALCOOL COMME FACTEUR DE RISQUE DES CANCERS DU SEIN ET COLORECTAUX Le Circ classe l’alcool comme facteur de risque des cancers du sein et colorectaux
La consommation d’alcool est connue depuis longtemps pour provoquer des cancers de la cavité buccale, du pharynx, du larynx, de l’oesophage et du foie.En février dernier, 26 chercheurs venus de 15 pays se sont réunis au Circ, agence de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour réévaluer la carcinogénicité des boissons alcooliques. Cette évaluation constituera le volume 96 des monographies du Circ et sera publiée dans le Lancet Oncology (avril, vol.8, n°4, p.292-293).La consommation d’alcool fait partie des 10 premiers facteurs de risque de cancer.Une consommation quotidienne d’environ 50 g d’alcool augmente le risque de cancers de la cavité buccale, du pharynx, du larynx et de l’oesophage d’un facteur deux à trois par rapport aux non buveurs. L’alcool est aussi un risque de cancer primitif du foie bien que difficile à quantifier.Pour le cancer du sein, plus d’une centaines d’études épidémiologiques ont mis en évidence de manière concordante une augmentation du risque parallèle à l’augmentation de la consommation. Une analyse poolée de 53 études portant sur plus de 58.000 femmes atteintes d’un cancer du sein montre qu’une consommation quotidienne de 50 g d’alcool est associée à un risque relatif d’environ 1,5 par rapport aux abstinentes.Même pour une consommation régulière de 18 g d’alcool par jour, il existe une augmentation modeste mais statistiquement significative du risque relatif.Pour le cancer colorectal, les experts ont recensés une cinquantaine d’études prospectives et cas-témoin. Les résultats poolés de huit études de cohorte et les données de récentes méta-analyses chiffrent l’augmentation de risque à 40% pour une consommation régulière de 50 g d’alcool par jour par rapport aux non buveurs.Cette association semble être identique pour le cancer du côlon et celui du rectum.Les risques sont plus importants pour les populations qui ont un déficit génétique d’activité enzymatique dans le métabolisme de l’éthanol, en particulier en Asie de l’Est.L’alcool est ainsi classé dans le groupe 1 des substances cancérogènes pour l’homme.Les experts rappellent également l’effet multiplicatif d’une consommation de tabac associée à une consommation d’alcool."L’association claire et nette entre risque accru de cancer du sein et des niveaux de consommation d’alcool même faibles est une préoccupation majeure, notamment au vu des habitudes de consommation d’alcool chez les femmes dans de nombreux pays", commente le Pr Peter Boyle, directeur du Circ./sl/ajr

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29 mars 2007

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