LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE SÉNOLOGIE ET PATHOLOGIE MAMMAIRE DÉFEND LE THS La Société française de sénologie et pathologie mammaire défend le THS
La SFSPM a organisé du 8 au 10 novembre ses 28èmes journées, qui ont accueilli plus de 1.200 participants, s’est félicité le Dr Richard Villet, secrétaire général de la société savante, chef du service de chirurgie viscérale et gynécologique de l’hôpital des Diaconesses à Paris. L’un des thèmes abordés a été le risque de cancer du sein lié aux estrogènes, occasion pour la SFSPM de faire connaître sa position sur le THS, au terme d’un travail de collecte des données disponibles débuté depuis plusieurs mois et incluant les toutes dernières données publiées en 2006, a souligné le Dr Anne Lesur, gynéco-sénologue coordinatrice du conseil scientifique de la société savante.La SFSPM va d’ailleurs publier dans quatre ou cinq mois, a-t-elle indiqué, "un document complet avec les 20 articles princeps sortis depuis 2002", c’est-à-dire depuis la publication de l’étude WHI qui a bouleversé les pratiques en montrant un accroissement du risque de cancer du sein -déjà connu- avec le THS, mais aussi, de façon inattendue, du risque cardiovasculaire.Les résumés en français de ces articles seront accompagnés du commentaire d’un membre du conseil scientifique et d’un commentaire ciblé sur la méthodologie, de même, les points forts et les points faibles de chaque étude seront listés.D’ores et déjà, le groupe de travail de la SFSPM a tiré ses conclusions, auxquelles aucun conflit d’intérêt ne peut être opposé puisque les sénologues ne prescrivent pas de THS, a fait remarquer la spécialiste. Ces conclusions vont dans le sens de celles de l’Association française pour l’étude de la ménopause (Afem), qui a elle-même organisé une conférence de presse sur le sujet dix jours auparavant, au cours de laquelle le Dr Henri Rozenbaum, président de l’association, s’est montré très critique envers les autorités sanitaires. Un rapport récent avait souligné la proximité entre l’Afem et les laboratoires commercialisant les THS.Le Dr Lesur a ajouté, pour insister sur la crédibilité de la position de la SFSPM, que "cela fait longtemps que l’on fait de la recherche clinique et à ce titre, on sait qu’on n’a pas le droit de transposer des résultats d’une molécule sur une population à une autre molécule sur une autre population", ce qui, estime-t-elle, a été le cas en France avec les résultats de la WHI, qui a été menée avec un produit non utilisé en France et sur une population totalement différente."Un critère d’exclusion de la WHI était la ménopause récente", a-t-elle souligné. "Or, personne n’aurait l’idée d’instaurer un THS à 60 ans en France !", s’est-elle exclamé.De fait, parmi les nouvelles analyses publiées en début d’année concernant le sous-groupe des femmes les moins âgées de l’étude, "chez celles âgées de 50-60 ans, aucun surrisque de cancer, d’infarctus ni de pathologie vasculaire n’a été relevé" avec le THS, a-t-elle notamment indiqué.Avec les nouveaux éléments apportés récemment, "nous avons la confirmation que dans la bonne population, avec la bonne molécule", nous nous trouvons dans une situation favorable.PRESCRIRE EN TENANT COMPTE DE LA SÉNOLOGIE"Il faut redonner confiance aux femmes et aux prescripteurs", a repris le Pr Jean-Philippe Brettes, vice-président de la SFSPM.Ce dernier a insisté sur la nécessité de "resituer la prescription dans le cadre sénologique", en prenant en compte les mastodynies et la mammographie. Malheureusement, déplore-t-il, "énormément de réponses biologiques ne sont pas validées par l’épidémiologie", alors qu’elles constitueraient une aide précieuse à la façon de prescrire un THS en réduisant le surrisque de cancer du sein.Par exemple, les hémorragies de privation avec les schémas de THS séquentiels donnent lieu à l’apoptose qui "joue un rôle majeur dans le sein" et permet d’éliminer les cellules mutées, a-t-il souligné.La SFSPM reprend donc l’idée qu’il faut décider du traitement par THS au cas par cas, en analysant les risques pour les seins (y compris la sensibilité individuelle aux mastodynies et la densité mammaire) et les risques pour la femme en général.Pour le Dr Lesur, "l’Afssaps [Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé] est restée très restrictive", en ne prenant pas en considération les articles récents, alors qu’ils étaient "de méthodologie identique à ceux qui ont fait basculer le système en 2002" et sur lesquels l’Afssaps s’est basée pour ses recommandations.Or les travaux de Françoise Clavel-Chapelon (Inserm), réalisés avec le THS "à la française" et déboutant les résultats de WHI, apportent une "révolution dans la pensée", a estimé le Pr Brettes. "L’Afssaps a donc pris du retard" sur ce point, a-t-il estimé.Il a fait remarquer en outre que "le risque est multiplié par 1,5 avec le THS et par 1,2 avec la pilule, alors que le risque de cancer du sein lié à l’obésité est doublé (...) et celui lié à des seins denses et multiplié par six".SEUL TRAITEMENT PREVENTIF PROUVÉ DE L’OSTÉOPOROSE POSTMÉNOPAUSIQUEDans sa lettre trimestrielle, la SFSPM considère, à la suite des dernières publications, que l’estradiol et le THS "représentent les traitements les plus efficaces de la carence estrogéniques postménopausique", que le THS "est associé à un bénéfice sur la prévention de l’ostéopénie et de l’ostéoporose postménopausique" et qu’il s’agit du "seul traitement préventif ayant prouvé son efficacité, en population générale non sélectionnée"."La SFSPM confirme l’importance de respecter les contre-indications et les limites d’emploi du THS mais considère que la balance bénéfice/risque du THS se montre favorable à celui-ci chez les femmes de la cinquantaine, indemnes de pathologies mammaires, ayant un syndrome climatérique et/ou un risque d’ostéoporose"."L’augmentation du risque de cancer du sein est faible et acceptable dans ce contexte, notamment pour des durées d’utilisation inférieures à 10 ans", conclut la société savante./cd/ajr

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23 novembre 2006

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