L’OIP PROTESTE CONTRE L’INCARCÉRATION D’UN MALADE CANCÉREUX L’OIP proteste contre l’incarcération d’un malade cancéreux
Le malade, M.A., est incarcéré depuis le 12 juillet à la maison d’arrêt d’Amiens et sa demande de libération pour raisons médicales sera examinée lundi, un rendez-vous obtenu après l’intervention de l’association auprès du tribunal.Cette personne a été condamnée en 2003 à une peine de six mois de prison avec sursis et une mise à l’épreuve de 36 mois, avec obligation de soins en alcoologie, pour une récidive de conduite en état d’ivresse. Hospitalisé à quatorze reprises entre janvier 2005 et avril 2006 pour une durée totale de six mois, M.A. n’a pas pu se rendre au centre d’alcoologie pour ses soins obligatoires.L’OIP souligne la gravité de son état, puisqu’il a subi un quadruple pontage coronarien en août 2005, des séances de chimiothérapie, l’ablation du poumon droit en décembre 2005 et une thoracotomie en février.En mai, le juge d’application des peines (JAP) du tribunal de grande instance d’Amiens révoque le sursis en s’appuyant sur le rapport du service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip) qui évoque la mauvaise volonté de M.A. et son refus de se rendre au centre d’alcoologie. Contacté par l’OIP, le service d’application des peines du TGI d’Amiens "assure qu’il n’a, à aucun moment, été tenu informé de la gravité de l’état de santé de M.A."Quand il est incarcéré, l’homme signale immédiatement sa volonté de bénéficier d’une suspension de peine pour raison médicale car son état de santé nécessite "des soins pour des plaies opératoires et une artérite des membres inférieurs, ainsi qu’un suivi de la part du chirurgien ayant pratiqué la thoracotomie". Malgré un entretien au Spip, il constate fin juillet qu’aucune information n’a été transmise au JAP pour engager la demande de suspension de peine.Après intervention de l’OIP, le JAP a demandé la transmission des certificats médicaux nécessaires à la mise en oeuvre de la procédure et un débat contradictoire est prévu lundi."Interrogé sur ces retards, le Spip explique qu’en raison de l’insuffisance de ses effectifs, des demandes émanant de personnes détenues ne peuvent être traitées" car seuls deux conseillers sur six étaient présents dans la période suivant l’incarcération de M.A, indique l’OIP.L’association rappelle que les directeurs d’établissements pénitentiaires et le Spip sont tenus de signaler au JAP et au parquet les détenus posant de graves problèmes sanitaires dans la gestion de la détention./hm/mr

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18 août 2006

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