L’obésité étant responsable de 3,8% des cancers, selon les calculs des chercheurs, la prévalence de l’obésité pourrait passer de 10.500 cas à 12.000 cas par an en à peine sept ans, estiment-ils. Après le tabagisme, l’obésité est la deuxième cause évitable de cancer. Beaucoup de gens l’ignorent, comme en attestent les résultats d’une enquête selon laquelle seules 29% des personnes interrogées connaissent le lien entre obésité et cancer.
Le Pr Tim Key, expert en nutrition et en cancérologie, rappelle qu’il est désormais "établi de façon certaine que le surpoids augmente le risque de développer plusieurs types de cancer". Si "les effets sur le cancer du sein et de l’utérus sont presque certainement dus à la production accrue d’estrogène dans le tissu graisseux”, sont en revanche moins clairs "les mécanismes précis dans les autres cancers liés à l’obésité", convient le spécialiste.Cela étant, "nous pouvons prédire avec certitude que le nombre de ces cas va s’accroître à moins que l’augmentation de l’obésité en Grande-Bretagne ne s’inverse", affirme-t-il.Les personnes obèses atteintes d’un cancer ont en outre des chances de survie plus faibles que les autres, probablement parce que leur cancer est plus difficile à diagnostiquer et, par conséquent, pas traité suffisamment tôt.L’institution caritative britannique, dont les fonds sont dédiés à la recherche sur le cancer, plaide pour la mise en place d’une stratégie globale pour interrompre la hausse de la prévalence de l’obésité au Royaume-Uni, qui viserait plus particulièrement les enfants et les jeunes adultes.Au total, l’obésité devrait s’accroître de 14% d’ici 2010, atteignant 27,6 millions de personnes. A l’heure actuelle, 23% des hommes et un quart des femmes britanniques sont considérées comme obèses. En vingt ans, le nombre d’enfants obèses a presque triplé, leur prévalence atteignant 5% et le surpoids 20%./ar/ajr