ET CONTRE LA LEUCÉMIE LE DIMANCHE 18 MAI et contre la leucémie le dimanche 18 mai
La marche, qui se déroule chaque année depuis 2003 un dimanche autour du 18 mai (date du décès de Laurette Fugain en 2002), rassemble entre 5.000 et 10.000 personnes pour l’édition parisienne. "C’est une aberration que les citoyens ne connaissent pas le don de plaquette", indique Stéphanie Fugain, interrogée par l’APM, avant de préciser que tous les dons, sang, plaquettes, et moëlle osseuse sont d’égale importance pour les patients atteints de leucémies. "Laurette était donneuse. Lors de sa maladie, elle a été atterrée par le manque de dons. Elle m’a dit qu’une fois guérie elle souhaitait mobiliser les jeunes à ce sujet, mais elle n’a pas eu cette chance. Naturellement il m’a semblé essentiel de prendre le relai", précise-t-elle, " car "il est inconcevable de voir mourir un proche parce que d’autres ne savaient pas qu’ils auraient pu le sauver".Les leucémies, car il en existe de plusieurs types, sont des cancers du sang et de la moëlle osseuse. Si elles peuvent être guéries dans 8 cas sur 10, reste qu’elles mènent à 4.000 décès par an en France, selon un chiffre de l’association Laurette Fugain. Ces cancers, qui peuvent atteindre tout à chacun, enfant, adulte, personne âgée, sans caractère héréditaire, sont traités par chimiothérapie.Les chimiothérapies "nettoient" la moëlle osseuse où sont produits les globules blancs immatures à l’origine de la maladie, mais elles s’attaquent indifféremment à ces cellules cancéreuses et aux cellules saines, qui donnent naissance aux globules rouges et aux plaquettes du sang, nécessaires à la coagulation du sang. Pendant les semaines suivant les séances de chimiothérapie, l’immunité du patient est affaiblie et il peut développer des hémorragies. Seul les dons peuvent pallier ces carences.Laurette Fugain a été traitée pendant 11 mois, rythmés par les attentes de transfusions de plaquettes et d’un don de moëlle osseuse compatible, qui n’est pas arrivé."JE VEUX QUE CE SOIT RIO A PARIS"Selon Stéphanie Fugain, la marche est "un clin d’oeil" à sa fille, mais aussi "une manifestation d’engagement, tournée vers la vie. Elle permet de sensibiliser, de mobiliser, d’informer les citoyens, en particulier les jeunes qui sont en pleine éducation, pionniers dans ce domaine, également les responsables des familles futures"."La marche, c’est en fait un long cortège, magnifique, les gens chantent, dansent, c’est coloré et aussi poignant parce qu’il y a des enfants malades, qui viennent en fauteuil, et on ne sait pas s’ils seront présents l’année prochaine", indique la présidente de l’association."La consigna, c’est de s’habiller en couleurs et de venir avec le sourire, avec des banderoles, et surtout avec la ferme intention de chanter, danser, s’amuser", lance Stéphanie Fugain. "Je veux que ce soit Rio à Paris", précise-t-elle.A Paris, le rassemblement avant la marche, à 13 heures sur le Parvis de l’Hôtel de Ville, sera l’occasion de faire maquiller les enfants par des équipes de Disney. La marche démarrera à 14h30 et un grand concert aura lieu à 17 heures, rassemblant de nombreux artistes. Dans toutes les villes concernées, des animations ponctueront le défilé.L’Etablissement Français du Sang (EFS), organisme "régissant l’ensemble des activités liées à la transfusion et aux produits sanguins", accueille positivement cette manifestation. Si Stéphanie Fugain fait état des quelques tensions qui ont pu entâcher les relations entre associatifs et professionnels de l’EFS, elle indique que la situation s’est améliorée.Le Dr Bernard David, directeur médical de l’EFS, indique pour sa part que "ce qui tombe très bien avec la marche organisée par l’association Laurette Fugain, c’est qu’elle se déroule en mai, une période toujours très difficile à cause des ponts qui entraînent une baisse des prélèvements [c’est à dire des dons, ndlr], alors que la consommation des produits reste stable, voire augmente".BESOIN DE 4% DES DONS DE SANG SUPPLEMENTAIRES EN 2008L’événement remobilise les donneurs et "évite de recourir à un appel national", une procédure lancée en cas d’urgence, qualifiée de "difficile à gérer" par le Dr David. "L’appel national d’urgence entraîne un contrecoup assez violent". Après l’afflux de donneurs provoqué par cette procédure, "pendant un mois et demi, il y a mécaniquement moins de donneurs", explique-t-il.Interrogé par l’APM sur les conséquences de l’édition 2007 de la Marche contre les leucémies en termes d’augmentation des dons, le Dr David fait part "d’une augmentation nette des courbes de prélèvements [de dons, ndlr] au niveau national". Il précise toutefois que l’impact de ce seul événement est difficile à quantifier puisqu’en 2007, il était inclus dans un dispositif plus large "de renforcement médiatique, à cause d’une situation pas facile" de tension sur les stocks.A propos de l’état actuel des stocks de sang, de plaquettes et de moëlle osseuse, le Dr David déclare que la tension est permanente, mais ajustée au plus près. "Cette gestion n’exclut cependant pas la possibilité d’un manque d’un produit au niveau local, situation à partir de laquelle s’est créée l’association Laurette Fugain", précise-t-il.Par ailleurs, l’augmentation des besoins sur l’ensemble des produits sanguins constitue la tendance des prochaines années. Elle s’explique entre autres par des facteurs démographiques, à la fois l’augmentation de la taille et le vieillissement de la population française, mais également l’amélioration des techniques médicales, qui permettent désormais de traiter des cas qui ne l’auraient pas été par le passé.Pour le sang, "il nous faut trouver 4% de dons en plus uniquement en 2008 pour satisfaire les besoins des malades, soit 8.800 dons de sang effectifs par jour, en prenant en compte le fait que 12% à 13% des dons ne sont pas effectifs". De plus, Jacques Hardy, président de l’EFS, a estimé mercredi que la mise en place d’un nouveau dispositif destiné à éviter de prélever du sang aux personnes anémiées, un dosage d’hémoglobine pré-don chez les candidats au don de sang, devrait écarter 2% à 8% d’entre eux. Pour obtenir 8.800 dons effectifs, l’EFS doit donc en 2008 recevoir quotidiennement entre 10.000 et 10.700 prétendants à un don de sang, selon un calcul de l’APM.RECRUTER LES DONNEURS DE PLAQUETTES CHEZ LES DONNEURS DE SANGLa problématique est un peu différente concernant le don de plaquettes. "La durée de vie des plaquettes étant très courte [de 3 à 5 jours, ndlr], la collecte est organisée de manière adaptée à la demande, car elle se fait sur rendez-vous", explique le Dr David.Il poursuit : "de manière générale, on préfère convaincre un donneur de sang régulier de donner ses plaquettes, car les analyses antérieures donnent le taux de plaquettes, ce don est plus long (entre 45 minutes et une heure) et il faut avoir ’de bonnes veines’. Mais le besoin de renouvellement de donneurs est permanent et il faut convaincre des donneurs de sang".Pour la moëlle osseuse, tissu des os à l’origine des globules rouges, blancs et des plaquettes, la situation est encore différente. Ce don est vital pour les patients, qui y ont recours uniquement quand les dons de sang et de plaquettes ne suffisent plus. Les personnes volontaires et remplissant des conditions requises (être âgé de 18 à 51 ans et en bonne santé) s’inscrivent sur le Registre France Greffe de Moelle, le fichier national des volontaires au don de moelle osseuse, en contactant le centre donneur le plus proche de son domicile*.Si un patient ne peut bénéficier d’un prélèvement familial à cause d’une incompatibilité, ce qui arrive dans 75% des cas, alors seulement l’Agence de la Biomédecine, partenaire de l’EFS, interroge le fichier et recherche un donneur compatible. Si un tel donneur est présent dans la base, il sera contacté pour un prélèvement dans les os postérieurs du bassin. Cet acte est sans risque, hormis celui de l’anesthésie, et est pris en charge financièrement (transport, hébergement, examens, perte de rémunération). Plus le nombre de donneurs potentiels est important, plus le nombre de malades sauvés l’est également."La France accuse un retard considérable dans le domaine du recrutement de donneurs de moëlle osseuse", indique le Dr David. "L’année dernière nous avons fait un gros effort et le fichier national s’est enrichi de 10.000 donneurs, c’est énorme, mais pas suffisant pour rattraper notre retard". L’Agence de la biomédecine précise dans son document de présentation du don de moëlle osseuse qu’elle recherche en priorité des donneurs masculins, jeunes et d’origines génétiques variées./ep/ajr(* adresses disponsibles sur le site de l’Agence de la Biomédecine : http://www.agence-biomedecine.fr/fr/doc/docmoelle.pdf
Rubrique "Où donner" de l’Etablissement Française du sang, disponible sur http://www.dondusang.net/rewrite/heading/56/ou-donner.htm ?idRubrique=56)

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16 mai 2008

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