DISPOSITIF D’ANNONCE DU CANCER : DE L’EXPÉRIMENTATION À LA GÉNÉRALISATION AU CHU DE ROUEN Dispositif d’annonce du cancer : de l’expérimentation à la généralisation au CHU de Rouen
Le CHU de Rouen a fait partie des 58 établissements en France à expérimenter, entre juin 2004 et mars 2005, le dispositif d’annonce (mesure 40 du Plan cancer) désormais en cours de généralisation à l’ensemble du territoire national, selon les recommandations émises par l’INCa (Institut National du cancer), avec un financement de 15 millions d’euros.Le CHU de Rouen, qui ne dispose pas de service de cancérologie, a ainsi mis en place, dans cinq de ses services (hépato-gastro-entérologie, urologie, oncologie pédiatrique, dermatologie et pneumologie) des consultations infirmières, juste après la consultation durant laquelle le médecin annonce au patient sa maladie, grâce à la création de 2,5 postes d’infirmiers à temps plein. Le projet pilote du CHU de Rouen, repose d’une part sur le principe du "temps médical protégé" et d’autre part sur la consultation infirmière spécifique. "Il s’agit en premier lieu, pour le médecin, d’identifier les patients qui consultent pour la première fois suite à un diagnostic de cancer et de leur consacrer un temps important compris entre 35 et 70 minutes, selon les recommandations actuelles" a expliqué à l’APM le professeur Pierre Michel, hémato-gastroentérologue au CHU de Rouen. L’autre pierre angulaire du dispositif d’annonce mis en place par le CHU de Rouen, est la consultation infirmière spécifique. Cette consultation longue (35 à 40 minutes) a lieu ultérieurement à l’annonce médicale et s’appuie sur une procédure standardisée en huit points.UNE CONSULTATION INFIRMIÈRE SPÉCIFIQUE"Tout soignant n’est pas apte à effectuer cette consultation d’annonce. L’infirmier doit être volontaire et travailler dans une unité de cancérologie", précise le spécialiste. Avant la consultation, le soignant doit posséder les informations nécessaires sur le patient et la nature de son cancer. Puis, la consultation débute par un "temps d’écoute libre" au cours duquel le patient exprime son état émotionnel du moment ainsi que son histoire personnelle en lien éventuel avec le cancer.Durant la seconde phase de l’entretien, l’infirmier demande au patient de reformuler les informations délivrées par le médecin lors de l’annonce du cancer. "Cela permet de voir ce qui a été retenu et compris par le patient, souvent très peu d’ailleurs en raison du choc émotionnel vécu et à la grande surprise des médecins", témoigne le Pr Michel. Ensuite, le soignant va recadrer les informations et éventuellement faire revenir le médecin.Viennent ensuite les présentations des traitements anticancéreux, tels que la chimiothérapie, dans un langage de soignant, plus simple que celui des médecins et la visite de l’unité de soin où sera pris en charge le patient. L’infirmier dresse également la liste des besoins complémentaires urgents des patients : consultation d’un psychologue, d’un diététicien, d’une association de patients ou d’une assistante sociale. Enfin, l’ensemble des informations recueillies durant cette consultation infirmière, sont retranscrits dans le dossier de soins infirmiers afin de pouvoir être transmis aux autres membres de l’équipe.L’évaluation de cette expérience pilote, du point de vue des patients, est en cours. "Les résultats préliminaires indiquent que les patients sont globalement satisfaits et qu’ils se sentent mieux accompagnés mais cela n’est pas le cas pour tous", relate le professeur du CHU de Rouen."En revanche, aucun travail n’a été effectué sur le contenu de la consultation d’annonce médicale", constate le Pr Michel. Afin de pallier cette lacune et de faire évoluer son projet, le CHU de Rouen propose de s’inspirer d’une méthode anglaise fondée sur une procédure en 10 points, permettant de guider les médecins dans le moment de l’annonce.Autre difficulté soulevée par le Pr Michel : le manque de moyens. "La généralisation de ce dispositif d’annonce à d’autres services de notre établissement, tels que les services de gynécologie-obstétrique, d’ORL, de chirurgie digestive ou de médecine interne, nécessitent des moyens complémentaires pour financer les postes de soignants", explique-t-il./sc/ajr

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5 décembre 2006

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