DES ATELIERS DE SOINS ET DE MAQUILLAGE POUR REDONNER CONFIANCE AUX FEMMES ATTEINTES DE CANCER Des ateliers de soins et de maquillage pour redonner confiance aux femmes atteintes de cancer
Le concept repris par l’association "La vie, de plus belle" est né en 1989 aux Etats-Unis. A l’époque, un médecin, touché par la détresse d’une de ses patientes qui ne voulait plus sortir de sa chambre tellement elle était affectée par les dommages physiques dus à ses traitements contre le cancer, décidait de faire appel à un maquilleur professionnel pour revaloriser l’image de ses patientes et leur redonner confiance. L’expérience fut concluante et étendue depuis à tout le pays. "Look good... feel better" aux Etats-Unis, "Belle et bien dans sa peau" au Canada, le programme est apparu en France sous le nom "La vie, de plus belle" et est porté depuis 2001 par une association du même nom. Avec le soutien de 18 marques de l’industrie cosmétique qui fournissent à chaque participante une trousse de produits de soins et de maquillage, l’association vient de franchir une nouvelle étape en ouvrant son quatorzième atelier à la Polyclinique de Blois à Lille, alors que son activité se cantonnait à l’Ile-de-France jusqu’à présent.Toute femme prise en charge dans les hôpitaux partenaires du programme et désireuse de gommer les conséquences physiques des traitements anticancéreux, peut participer gratuitement à l’une des sessions mensuelles organisées par l’association. L’atelier de soin peut accueillir dix à douze participantes qui, pendant deux heures, tenteront de réapprivoiser leur image dévaluée, assistées par deux à trois esthéticiennes et une coordinatrice, toutes bénévoles."Il y a toujours de l’appréhension au début d’une session", témoigne Agnès Lemalet, esthéticienne bénévole. Pour certaines, il faut surmonter la difficulté de se regarder à nouveau dans une glace, retrouver l’envie de se toucher." Pendant une heure, les animatrices expliquent tout ces gestes "oubliés voire même inconnus", pour prendre soin de sa peau et se maquiller.La deuxième étape est une mise en pratique. "Là, déjà, les femmes sont souvent plus enjouées, les sourires reviennent". Appliquer du fond de teint, se poudrer, redessiner cils et sourcils, mis à mal par la chimiothérapie, tout est fait pour redonner une expression au visage. Les traits se détendent et après deux heures d’atelier, "les femmes repartent avec le sourire, souvent très motivées pour continuer à appliquer les conseils chez elles"."Pour moi cet atelier est arrivé comme une bouffée d’air frais après l’annonce de maladie", témoigne une ancienne patiente, en rémission pour un cancer du sein. "Se retrouver ainsi entre femmes, toutes confrontées aux mêmes difficultés, redonnent courage. J’avais enfin l’impression de ne plus être seulement réduite à une maladie, mais je me retrouvais en tant que femme. C’était un moment fort, partagé avec des personnes que je n’ai jamais revues, mais qui reste ancré en moi."Pour le Dr Florian Scotté, oncologue à l’Hôpital Européen George Pompidou (HEGP), "ce type d’expérience peut être considéré comme un adjuvent important à la thérapie permettant aux patientes de mieux accepter les traitements, ce qui contribue fortement à augmenter les chances de guérison".L’initiative séduit, autant les patientes que les soignants de plus en plus sensibilisés à son intérêt. "La demande ne cesse de croître", indique Alain Grangé Cabanne, président de l’association. "Nous avons les dispositifs, les moyens de répondre à cette demande, même pour les villes de province". Reste à recruter les esthéticiennes bénévoles auxquelles sont demandées "au minimum quatre à cinq années d’expérience"./vr/ajr

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28 septembre 2007

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