DÉPISTAGE DU CANCER DU SEIN : DES PROGRÈS MAIS ENCORE DES FREINS Dépistage du cancer du sein : des progrès mais encore des freins
"Le nombre de mammographies a doublé. La participation des femmes au dépistage organisé du cancer du sein est passée de 33% en 2003 à 45% en 2005 et près de deux millions de femmes y ont participé", a rappelé Xavier Bertrand lors de ce colloque sur le thème des "Cancers féminins : les exclues du dépistage" organisé au Sénat par la Fédération nationale des comités féminins pour le dépistage des cancers et par le Comité féminin de Paris pour le dépistage du cancer du sein.Les intervenants se sont interrogés sur les raisons sociales, socioculturelles et ethniques de la non-participation et sur les solutions pour améliorer la participation au dépistage.Actuellement, 98 départements le proposent contre à peine 34 en 2003, a rappelé le ministre. "Mais il faut encore faire mieux", a-t-il poursuivi en signalant que la responsabilité d’organiser le dépistage avait été confiée à l’Institut national du cancer (Inca), en lien avec la Direction générale de la santé (DGS)."En fin d’année, 70% des femmes [concernées, ndlr] auront participé au dépistage du cancer du sein. Nous sommes en passe d’atteindre nos objectifs", a indiqué Xavier Bertrand."Pour cela, il faut des moyens mais aussi de la pédagogie. Pourquoi la participation varie-t-elle selon les régions, pourquoi reste-t-il des disparités, pourquoi trop de femmes hésitent-elles encore à se soumettre à un dépistage, par pudeur, par peur ou encore par peur de savoir ?", s’est-il interrogé."Seul un travail de terrain et de sensibilisation peut permettre de prendre conscience des questions intimes qu’elles se posent", a estimé Xavier Bertrand saluant au passage le travail des bénévoles présentes dans la salle.Le ministre a également abordé la question du dépistage organisé du cancer colorectal, deuxième cancer en termes de fréquence qui affecte les femmes."Nous n’avons encore que 23 départements qui le proposent, mais nous mettons tout en oeuvre pour que 50% des départements, y compris les DOM-TOM, soient concernés par ce dispositif en décembre 2006, puis tous les autres début 2007", a assuré Xavier Bertrand.Pour le cancer du col de l’utérus, qui affecte 4.000 femmes par an et entraîne 1.500 décès chaque année, il a rappelé que le dépistage restait individuel mais qu’il souhaitait qu’une réflexion soit organisée sur un dépistage systématique et sur ses modalités."Nous allons étudier les modalités d’utilisation du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV), qui vient d’obtenir son autorisation de mise sur le marché (AMM). Il faut déterminer quelles populations cibles doivent être vaccinées en priorité. Mais ce vaccin ne peut remplacer les actions de dépistage", a estimé le ministre de la santé.POURSUIVRE L’EFFORT SUR LES ÉQUIPEMENTS D’IMAGERIEXavier Bertrand a, par ailleurs, souligné les efforts consentis pour augmenter le nombre d’équipements de diagnostic (scanner, IRM). Il a de nouveau cité la baisse du délai pour obtenir un rendez-vous d’IRM observée en 2005 -sans faire allusion à la ré-augmentation de ce délai en 2006 mise en évidence dans une récente enquête de l’association ISA-, puis a annoncé que ses services étudiaient avec la DGS de quelle façon poursuivre la progression du nombre d’appareils de diagnostic.Pour le ministre néanmoins, il ne faut pas croire qu’en augmentant le nombre d’appareils, on accroît les dépenses de santé. Il est même possible, selon lui, de réaliser des économies de transports sanitaires. "Il faut sortir des logiques économiques éculées et savoir investir", a-t-il déclaré.Parmi les exclus du dépistage, Xavier Bertrand a cité les personnes âgées pour lesquelles le diagnostic de cancer est souvent trop tardif, ce qui ne facilite pas les traitements, surtout en présence de comorbidités plus élevées, voire d’opposition des patients ou de leurs familles."Deux tiers des patients qui décèdent d’un cancer ont plus de 65 ans. Or, l’intégralité des traitements est réalisable quel que soit l’âge et les résultats sont probants. Il n’y a pas de fatalité", a-t-il insisté."Il faut renforcer le dépistage chez les personnes âgées", a-t-il ajouté en rappelant que, pour le sein et le côlon, les programmes concernent les personnes âgées de 50 à 74 ans. En revanche, il n’a pas abordé cette question au-delà de 75 ans./sl/ajr

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10 octobre 2006

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