DÉPISTAGE DU CANCER COLORECTAL : DES DIFFÉRENCES HOMMES/FEMMES ET UNE PARTICIPATION INSUFFISANTE Dépistage du cancer colorectal : des différences hommes/femmes et une participation insuffisante
Au niveau national, le cancer colorectal est le troisième en termes d’incidence chez l’homme, et le deuxième chez la femme. Si la survie à ce cancer est très bonne lorsqu’il est détecté tôt, un diagnostic tardif entraîne un mauvais pronostic vital. En 2002, un programme pilote de dépistage, destiné aux personnes à risque moyen, a débuté dans 23 départements. Sa généralisation à toutes les régions, initialement prévue pour 2007, interviendra avec quasiment 2 ans de retard, fin 2008, selon l’Institut national du cancer (Inca).Delphine Serra et ses collègues de l’institut national de veille sanitaire (InVS) ont utilisé un échantillon des données collectées par l’Insee en 2002 et 2003, à savoir la fraction des personnes ayant renseigné les enquêteurs par rapport à leur pratique du test de dépistage Hemoccult*, reposant sur la recherche de sang occulte dans les selles.UNE PERSONNE-CIBLE SUR DIX DECLARAIT AVOIR FAIT LE TEST DANS LES 2 ANSSur les 6.599 personnes âgées de 50 à 74 ans interrogées par l’Insee,"30% des hommes et 23% des femmes ont déclaré avoir déjà pratiqué le test de dépistage [du cancer colorectal]", dans leur vie. Ces proportions étaient ramenées à 11% des hommes et 9% des femmes dans les deux ans précédant l’entretien ou la réponse à l’auto-questionnaire.La répartition par sexe est pertinente dans le sens où la pratique du test de dépistage s’est avérée liée à différents facteurs selon que les répondants étaient hommes ou femmes. Ainsi, les variables socio-économiques prévalent chez les hommes, et pas chez les femmes.Selon les auteurs, pour l’effectif masculin, "le fait d’être (ou d’avoir été) cadre, d’exercer (ou d’avoir exercé) une profession intellectuelle supérieure ou une profession intermédiaire est lié à un pratique plus fréquente du test", par rapport aux agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprises.Chez les femmes, la dynamique du dépistage du cancer du sein a semblé être le facteur qui pesait le plus sur la détection d’un éventuel cancer colorectal.En revanche, quel que soit le sexe des personnes interrogées, "la pratique augmente avec l’âge, jusqu’à 64 ans (...) puis décroît pour les âges les plus élevés". Cela pose question, de même que la gratuité du test de 50 à 74 ans uniquement, car le risque d’être atteint d’un cancer colorectal augmente avec l’âge. LE DEPISTAGE ORGANISE DOIT ATTEINDRE AU MOINS 50% DES 50-74 ANSGlobalement, la proportion de personnes qui se sont soumises à ce test dans les deux ans était faible en 2002 et 2003. Le dépistage systématique, pour être efficace à la fois en termes de coût et de santé publique, doit être pratiqué par au moins 50% de la population-cible. De plus, comme le soulignent les auteurs, "l’enquête décennale de l’Insee présente les limites de toute enquête déclarative", c’est à dire que ces chiffres peuvent être surestimés par rapport à la réalité. Pour améliorer la participation au dispositif de dépistage, une semaine nationale de mobilisation contre le cancer colorectal aura lieu du 24 au 30 mars 2008. Dans ce cadre, un bus pédagogique sillonnera la France, s’arrêtant dans une dizaine de villes-étapes qui passent au dépistage du cancer, pour sensibiliser la population aux risques du cancer colorectal et au dépistage organisé./ep/ajr

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11 janvier 2008

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