DÉCÈS PAR CANCER : EN HAUSSE CHEZ LES SÉROPOSITIFS POUR LE VIH Décès par cancer : en hausse chez les séropositifs pour le VIH
L’enquête Mortalité 2000 avait déjà mis à jour "la persistance des décès dus au sida et l’émergence des décès dus à des cancers et aux hépatites virales", rappelle Charlotte Lewden, de l’Institut de santé publique d’épidémiologie et de développement (Isped) à Bordeaux, et ses collègues.Cette nouvelle étude, menée sur 979 décès de séropositifs relevés en 2005, indique que le sida reste la principale cause de décès et que la mortalité liée au sida a baissé depuis 2000, passant de 47% à 37%. La pathologie la plus fréquemment incriminée est le lymphome non hodgkinien, avec 29% des cas de sida.Cette baisse est également illustrée par un plus grand taux de CD4 lors du décès, de 170 cellules/mm3 en 2005 contre 94 cellules/mm3 en 2000.Les chercheurs notent, en revanche, une augmentation de la mortalité liée à des cancers non classant sida (16,8% en 2005 contre 10,7% en 2000), au premier rang desquels ceux affectant le poumon et les voies respiratoires (30% des cancers)."La consommation de tabac est un facteur retrouvé fréquemment chez les personnes décédées atteintes d’un sida", indiquent les chercheurs, qui relèvent également une légère hausse de la mortalité cardiovasculaire (8,8% contre 7%).Parmi les cancers, ceux affectant le système digestif arrivent en deuxième position (16%), suivis par les cancers de l’anus (6%), les cancers cutanés (5%), les maladies de Hodgkin (5%) et les cancers du sein (5%).Les hépatites, principalement des hépatites C, constituent la troisième grande cause de mortalité, avec 11,4% des décès de 2005 contre 9,3% en 2000. Viennent ensuite les infections non classant sida, en baisse en 2005 par rapport à 2000 (5% vs 7%), et les suicides (5% vs 4%).Les traitements antirétroviraux ne sont responsables du décès des patients que dans moins de 1% des cas, considèrent les chercheurs.Ces derniers notent que les personnes VIH+ décédées en 2005 sont dans 76% des cas des hommes, âgées de 46 ans en médiane et infectées depuis 12 ans. Près d’un tiers (31%) est né à l’étranger.Les chercheurs appellent donc à un renforcement de la prévention des cancers et des atteintes cardiovasculaires, incluant "des mesures incitatives préconisant l’arrêt du tabac"./rl/ajr(BEH, 28 novembre, n°48, pp.379-382)

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28 novembre 2006

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