DÉCÈS DE L’ONCOPÉDIATRE AMÉRICAINE MARY LOIS MURPHY, QUI A PARTICIPÉ À L’ÉMERGENCE DE LA CHIMIOTHÉRAPIE Décès de l’oncopédiatre américaine Mary Lois Murphy, qui a participé à l’émergence de la chimiothérapie
Selon le dictionnaire de la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer (FNCLCC), "les leucémies de l’enfant sont des maladies où les progrès thérapeutiques ont été, comme pour la maladie de Hodgkin, spectaculaires : elles tuaient toujours au milieu du XXe siècle, elles guérissent dans la majorité des cas" actuellement.C’est au début des années 1950, alors que le Dr Murphy décide de quitter la médecine pour se consacrer à la recherche, que sa carrière prend un tournant décisif. Cette petite femme (1,52 mètres) change d’orientation après avoir dû prendre en charge l’intégralité d’une équipe de football américain, dont tous les membres avaient contracté la poliomyélite. Le Dr McNair Scott, pour lequel elle travaillait jusqu’alors à l’Hôpital pour enfants de Philadelphie, la recommande au Dr Joseph Burchenal, du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center, situé à Manhattan. Elle arrive dans ce centre de recherche sur les cancers au moment où les chercheurs réalisent, grâce à une série de hasards, que certaines de ces maladies peuvent être traitées avec des agents chimiques : ce sont les premiers pas de la chimiothérapie. Jusqu’à cette époque, les cancers se traitent par chirurgie ou radiothérapie.DU GAZ MOUTARDE A LA PREMIERE CHIMIOTHERAPIEL’histoire de cette nouvelle manière de traiter les cancers remonte cependant à la fin de la première guerre mondiale. Les autopsies de personnes décédées au contact de gaz moutarde avaient à ce moment révélé la suppression de certaines cellules de la moelle osseuse, des lymphocytes et des organes où ces derniers naissent, mûrissent et se transforment (comme les ganglions).C’est cependant bien plus tard, à l’entrée des Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale en 1942 que les autorités décident d’explorer le potentiel thérapeutique des agents chimiques de guerre. Des produits dérivés du gaz, appelées moutardes azotées, furent testés avec succès sur des souris, des lapins puis sur des patients atteints de lymphomes. Mais c’est à la sortie du confit, en 1946, que le secret militaire est levé sur ces résultats encourageants.Le Dr Murphy collabore donc, dès 1952, à ce travail pionnier : elle participe aux tests qui permettent de sélectionner de nouvelles molécules pour leurs propriétés anti-leucémiques, d’adapter les doses, mais aussi d’établir une procédure de consentement éclairé pour les parents et les patients qui participent aux essais, et les convaincre de la nécessité d’y participer.En 1956, aux côtés du Dr Burchenal, elle met en place un groupe de travail national recouvrant plusieurs institutions, une ’task-force’, pour mutualiser les efforts de recherche relatifs aux cancers infantiles. Elle succédera d’ailleurs au Dr Burchenal à la tête de ce groupe de travail finalement baptisé Children’s Cancer Study Group, responsabilité qu’elle assumera de 1958 à 1965.Elle prend ensuite la tête du département de pédiatrie du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center, donnant sa lettre de noblesse à l’oncopédiatrie. Le milieu des années 1960 voit également l’arrivée des chimiothérapies combinées, associant plusieurs molécules déjà éprouvées pour attaquer plus radicalement les tumeurs mais aussi éviter les résistances aux traitements. LES ENFANTS ATTEINTS DE LEUCEMIE DOIVENT JOUER ET APPRENDRE"Le Dr Murphy a joué un rôle clé dans le développement des chimiothérapies combinées", a ainsi déclaré le Dr Richard O’Reilly, actuel président du département pédiatrie du centre, au quotidien The New-York Sun. "C’est devenu une technique qui a radicalement changé le cours de l’histoire des lymphomes chez les enfants", a-t-il poursuivi.Dans le même temps, le Dr Murphy soutient le développement de recommandations pour maintenir les enfants atteints de leucémies dans un contexte aussi normal que possible, c’est à dire les autoriser à jouer et à apprendre autant que possible.En 1972, elle endosse de surcroît la fonction de professeur de pédiatrie en recherche thérapeutique dans le centre où elle travaille depuis 20 ans, et donne également des cours au sein de la prestigieuse faculté de médecine de l’université de Cornell. Elle prend sa retraite en 1992.Le Dr Murphy est donc décédée le 8 avril 2008 à New-York. Elle était née en 1916 dans le comté de Sioux, dans l’état rural du Nebraska, au centre des Etats-Unis. Ses parents n’avaient jamais étudié, et ne s’étaient jamais non plus rendus chez un médecin./ep/vr

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2 mai 2008

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