CANCERS ORL : LANCEMENT DE LA PREMIÈRE ÉTUDE D’ÉVALUATION DU DÉPISTAGE CHEZ LES FUMEURS ET ALCOOLIQUES Cancers ORL : lancement de la première étude d’évaluation du dépistage chez les fumeurs et alcooliques
L’alcool et le tabac, constituent, l’un et l’autre, les principaux facteurs de risque de cancer des voies aérodigestives supérieures (cavité buccale, pharynx, larynx) et de l’oesophage. Consommés conjointement, ils potentialisent leurs effets et majorent considérablement le risque de ce type de cancer, le multipliant par plus de cent.Dans plusieurs études menées jusque-là, il est apparu qu’un dépistage de la population à risque pouvait réduire d’un tiers la mortalité par cancer ORL. Mais seule une étude de grande envergure et randomisée peut permettre de confirmer cette hypothèse, souligne l’IGR dans un communiqué.L’établissement a donc décidé de mener une telle étude, baptisée DEPISTROL, dans laquelle les chercheurs compareront un groupe témoin à un groupe auquel sera proposé un dépistage annuel.Le groupe témoin sera suivi pendant cinq ans à l’aide d’un questionnaire de santé annuel, tandis que l’autre groupe se verra proposer une nasofibroscopie et un brossage pharyngo-oesophagien annuel pendant trois ans, puis un suivi de deux ans par un questionnaire de santé. Des examens complémentaires seront proposés en cas de dépistage positif.Le brossage consiste à faire avaler une gélule reliée à un fil et contenant une petite éponge. La gélule se dissout dans l’estomac puis on tire sur le fil qui rapporte des cellules au moyen de cette éponge (comme pour un frottis). Il a été choisi d’associer ces deux techniques car la nasofibroscopie ne permet de voir que le début de l’oesophage. Or une partie de ces cancers se développent dans le tiers inférieur, explique le Dr Schwob.LES ALCOOLOGUES INVITÉS À PARTICIPERLes alcoologues sont invités à participer à ces travaux en aidant le chef de projet, Dominique Schwob, à recruter les quelque 20.000 participants nécessaires : ceux-ci doivent être âgés de plus de quarante ans, avoir fumé pendant au moins vingt ans et présenter une intoxication alcoolique nécessitant une prise en charge dans un service spécialisé.Quatre premiers centres pilotes ont ouvert courant septembre à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif, au Centre hospitalier de Saint-Cloud (avec le Centre René Huguenin de Saint-Cloud pour l’ORL), au CHU de Lille avec la Clinique de la Charité et au CHU de Nancy."Ces centres vont roder le programme pour voir s’il y a une bonne communication entre les deux spécialités, si les patients vont bien à leur consultation d’ORL et si le questionnaire n’est pas trop compliqué", indique le chef de projet.A partir de la mi-octobre, de nouveaux centres seront ouverts à travers la France. Onze sont prévus.Un premier budget de 460.000 euros a pu être réuni via le Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) pour l’étude de faisabilité sur trois ans (première phase) qui doit inclure un quart de l’effectif. Pour le compléter, les responsables de l’étude ont également adressé une demande auprès de la Ligue contre le cancer pour les examens de brossage.Une évaluation médico-économique de ce programme est également prévue.En menant une étude sur l’intérêt du dépistage sur la mortalité par cancers ORL dans une population à risque, l’IGR élargit son champ d’investigation, jusque-là limité au soin, à la recherche et à l’enseignement, se félicite l’établissement.Avec 25.000 nouveaux cas par an et 11.000 décès en France, le cancer des VADS représente le 3ème cancer masculin en termes de fréquence./ar/sl/mr* Pour participer, contacter Dominique Schwob au 01 42 11 41 38 ou par mail : dominique.schwob@igr.fr

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5 octobre 2006

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