CANCER : UN QUART DES PATIENTS TROUVE QUE L’ANNONCE DU DIAGNOSTIC A ÉTÉ TROP BRUTALE Cancer : un quart des patients trouve que l’annonce du diagnostic a été trop brutale
Les résultats ont été présentés jeudi lors d’un colloque organisé par la Drees, l’Inserm, l’Institut national du cancer (Inca) et la Ligue nationale contre le cancer, à l’issue duquel la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, devait présenter ses objectifs pour la suite du Plan cancer. L’ensemble des données seront publiées en mai dans un ouvrage de la Documentation française. Si l’annonce du diagnostic s’est déroulée en face à face avec un médecin dans environ 80% des cas, dans 6% des cas, elle a été faite lors d’un entretien téléphonique et dans 3% par l’intermédiaire d’un courrier. Dans 11% des cas, elle a émané d’un professionnel paramédical.La proportion de patients ayant ressenti cette annonce comme trop brutale s’est avérée plus élevée chez ceux n’ayant pas bénéficié d’une annonce en face à face : 41% contre 23% pour ceux qui en ont bénéficié.Les malades âgés de moins de 60 ans, de sexe féminin, les personnes à faibles revenus, les agriculteurs et ceux n’ayant jamais travaillé sont significativement plus nombreux à avoir ressenti la brutalité de l’annonce.UNE INFORMATION MEDICALE SUFFISANTE DANS 9 CAS SUR 10 MAIS AVEC DES DIFFICULTESUne grande majorité de patients (86%) déclare avoir reçu, en cours de traitement, une information "tout à fait" ou "plutôt suffisante" de la part des médecins et de l’équipe soignante et deux ans après le diagnostic, ils sont 85% à affirmer disposer d’une information sur l’état actuel de la maladie. De même, 87% tirent leur source principale d’information auprès de leur médecin traitant ou de l’équipe soignante qui assure leur suivi.Toutefois, 6% d’entre eux s’informent avant tout au travers des médias et 7% auprès de leurs proches ou d’autres personnes atteintes. Seuls 3% des patients déclarent se tourner vers les associations de malades pour obtenir une information complémentaire à celle fournie par le corps médical, les médias ou les proches. Ce contexte donne ainsi une mesure du chemin qu’il reste à parcourir pour mieux reconnaître et organiser la présence des associations au sein des structures de soins.En dépit de l’appréciation généralement positive quant à cette information fournie en cours de traitement, un nombre important de malades fait état de difficultés à obtenir et à s’approprier l’information fournie par les soignants : 38% déclarent ainsi que les médecins ne prennent pas assez de temps pour répondre à leurs questions, 48% que l’information délivrée est "trop compliquée" et 33% qu’elle leur a été donnée en quantité "trop importante". Ces proportions se révèlent plus élevées parmi ceux qui se plaignent d’une information insuffisante : respectivement 77%, 66% et 40%.Enfin, plus d’un patient sur trois (39%) confirme s’être trouvé "souvent" ou "de temps en temps" dans l’incapacité de poser l’ensemble des questions qui le préoccupaient (63% chez ceux qui trouvent l’information insuffisante)./ajr

 |
© APM |
27 mars 2008

|
|