CANCER ET SEXUALITÉ : OUVERTURE, L’AN PROCHAIN, D’UNE CONSULTATION À L’INSTITUT CURIE Cancer et sexualité : ouverture, l’an prochain, d’une consultation à l’Institut Curie
Le Dr Sylvie Dolbeault, psychiatre responsable de l’unité de psycho-oncologie à l’Institut Curie et le Dr Pascale This, gynécologue-endocrinologue à l’institut, ont constaté, au cours de leurs consultations, que les femmes avaient souvent des problèmes de sexualité dont elles parlaient cependant rarement.Un programme de recherche américain sur les effets des traitements anticancéreux sur la sexualité des femmes a en effet montré que certaines approches thérapeutiques, notamment la chimiothérapie, entraînent une sexualité moins satisfaisante.Par ailleurs, l’étude a mis en évidence l’importance de l’impact psychologique de la survenue d’une ménopause précoce chez la plupart des femmes, et montré que la mastectomie n’avait pas forcément l’impact qu’on lui prêtait, sauf chez les femmes dont l’investissement dans leur image corporelle est très important pour leur sexualité, a rapporté le Dr This.Face à l’absence de travaux français, les Drs Dolbeault et This ont décidé de mener une étude épidémiologique exploratoire auprès de femmes traitées pour un cancer du sein et ayant achevé leur première phase thérapeutique depuis au moins six mois. La société Simone Pérèle, pour laquelle l’écoute des femmes est une valeur fondamentale, s’est engagée aux côtés de l’institut de cancérologie.L’objectif est de voir comment les femmes perçoivent subjectivement l’impact des traitements du cancer du sein sur leur image corporelle, sur leur intimité et sur leur sexualité. L’enjeu à terme est de "pouvoir exporter les données sur les autres populations de malades cancéreux", ont souligné les médecins.LES FEMMES SATISFAITES D’ÊTRE ÉCOUTÉESDans un premier temps, l’étude a consisté en un entretien individualisé avec une vingtaine de femmes adressées par des médecins ayant repéré l’existence de difficultés sexuelles. Les premiers résultats, présentés jeudi, soulignent l’intérêt d’une consultation sur cette problématique, les femmes participantes ayant fait part de leur satisfaction de pouvoir en parler librement avec un spécialiste à l’écoute.Ils confirment par ailleurs les données américaines selon lesquelles les problèmes d’image corporelle et d’atteinte de la féminité induits par les traitements anticancéreux ont une incidence sur l’intimité des patientes, et plus particulièrement sur leur libido.La sensation de vieillissement précoce, avec l’arrêt des règles et la survenue des symptômes de la ménopause, apparaît comme l’effet le plus mal vécu des traitements anticancéreux, a rapporté le Dr This.A l’inverse, contrairement aux idées reçues, la mastectomie n’est pas forcément plus mal vécue que des changements qui peuvent a priori sembler moins importants (perte des poils pubiens, prise de poids, ...) mais qui finalement ont, chez certaines, un impact considérable sur leur image corporelle, et par conséquent, sur leur intimité.Ces résultats doivent être confirmés dans la seconde phase, quantitative, qui doit commencer début octobre. Les responsables de l’étude, qui espèrent inciter au moins 300 patientes en surveillance à participer à cette phase, veulent plus précisément évaluer les facteurs liés aux traitements, à l’état psychologique et au niveau de qualité de vie global des femmes, comparer le comportement sexuel des femmes après traitement à celui des femmes de la population générale (les résultats d’une étude actuellement en cours sont pour cela attendus) et enfin valider les trois outils d’évaluation anglo-saxons, à savoir les questionnaires d’image corporelle, d’activité sexuelle et de relation et sexualité.Si l’ouverture d’une consultation des troubles sexuels à l’Institut Curie ne dépend pas directement de ces résultats, ceux-ci permettront néanmoins de "légitimer l’importance de cette problématique" et de lancer un appel de fonds, indique le Dr Dolbeault à APM Santé.Pour l’instant, les seuls financements dont dispose l’institut de cancérologie pour l’ouverture de cette consultation sont ceux apportés par la société Simone Pérèle, ajoute-t-elle sans en préciser le montant./ar/ajr

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28 septembre 2006

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