CANCER DU SEIN : LANCEMENT D’UN PROGRAMME DE RECHERCHE CHEZ LA FEMME JEUNE Cancer du sein : lancement d’un programme de recherche chez la femme jeune
Selon des données datant de 2000, les cancers du sein de la femme jeune représentent 5,6% des cancers du sein avec 2.350 nouveaux cas par an sur une incidence totale de 42.000 nouveaux cas annuels, a rappelé le Dr Brigitte Signal, responsable du pôle de sénologie à l’Institut Curie.En outre, l’augmentation globale du nombre de cancers du sein touchant toutes les tranches d’âge (+2,42% par an entre 1978 et 2000), le nombre de femmes jeunes concernées est en hausse, a-t-elle ajouté. Chez les femmes de moins de 40 ans, le diagnostic est souvent plus tardif que chez leurs aînées, les médecins n’envisageant pas cette maladie aussi tôt et les mammographies ne permettant pas une interprétation facile en raison d’une densité mammaire importante à cet âge-là.Si la stratégie thérapeutique est la même que celle proposée aux femmes plus âgées, les cancérologues sont en permanence confrontés à un dilemme entre la limitation des séquelles, la préservation de la fertilité et la réduction maximale du risque de rechute.Car les femmes jeunes atteintes d’un cancer du sein ont la particularité d’être beaucoup plus souvent victimes de rechutes au niveau du sein traité que leurs aînées. Le thérapeute opte donc, chaque fois qu’il le peut, pour un traitement conservateur mais doit en permanence étudier la balance entre les bénéfices et les risques de récidives locales qui sont environ deux fois plus élevés à cinq ans, atteignant 14% contre 5 à 7% chez les plus de 40 ans.Or, les facteurs connus d’agressivité tumorale ne suffisent pas à eux seuls à expliquer cette majoration du risque de récidive locale, a souligné le Dr Marc Bollet, radiothérapeute à l’Institut Curie.Avec ses collègues, il a donc décidé de mettre en place un programme afin de mieux identifier les femmes à risque de rechute locale de façon à limiter les traitements agressifs à ces seules patientes et épargner aux autres des thérapies lourdes aux effets secondaires parfois irréversibles.IDENTIFIER LES FEMMES À RISQUE DE RÉCIDIVEL’étude, qui a vocation à devenir multicentrique, n’a pour le moment débuté qu’à l’Institut Curie, précise à APM Santé le Dr Bollet. Elle comporte deux volets : la caractérisation des rechutes locales grâce à la mise en évidence des altérations génomiques à ce niveau-là et la recherche des altérations génomiques spécifiques aux cancers du sein avec rechute, a détaillé le radiothérapeute.Dans le premier volet, les chercheurs vont tenter de déterminer si la rechute locale observée correspond à une vraie rechute et présente par conséquent des altérations semblables à celles du cancer primitif -ce qui témoignerait de l’efficacité incomplète des traitements-, ou s’il s’agit d’un nouveau cancer primitif avec des altérations génomiques différentes.Les chercheurs disposeront de plus d’une centaine d’échantillons de tumeurs prélevés chez des femmes jeunes au moment de leur exérèse, de puces à ADN et d’outils d’expression génique. Ils pourront ainsi comparer le profil génomique des tumeurs de patientes ayant récidivé localement par rapport à celles qui n’ont pas eu de récidive et, d’autre part, chez les patientes ayant récidivé, étudier le profil génomique de la tumeur initiale et de la récidive.Les chercheurs espèrent, à travers ce programme, mieux caractériser les rechutes locales, mieux comprendre le cancer du sein et ce qui régit l’agressivité tumorale ou la résistance aux traitements, et enfin mieux traiter les patientes en repérant celles "à risque" de récidive. Ce travail pourrait également ouvrir de nouvelles pistes pour le développement de médicaments dirigés contre les facteurs d’agressivité tumorale ou de résistance aux traitements.Le coût total de ce programme est estimé à 300.000 euros, a indiqué à APM Santé le Dr Bollet. La prise en charge publique, assurée par le ministère de la Santé, s’élève à 220.000 euros sur 3 ans, le reste étant financé par des apports privés, ainsi que par la course caritative organisée conjointement par l’Institut Curie et l’association Odyssea le 8 octobre prochain./ar/ajr*Inscription et renseignements sur la course sur www.odyssea.curie.fr

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13 septembre 2006

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