CANCER DU REIN : ARTUR S’INVESTIT POUR ROMPRE L’ISOLEMENT DES MALADES Cancer du rein : ARTuR s’investit pour rompre l’isolement des malades
Cette deuxième édition du Forum pour les patients atteints de cancer du rein et de leurs proches était cette année consacrée à la place du conjoint et de la famille et le rôle de l’hygiène de vie et des médecines complémentaires. L’acteur Bernard Giraudeau, parrain de l’association, atteint d’un cancer du rein, est venu témoigner de son expérience.Le cancer du rein, qui n’affecte généralement qu’un seul rein, touche près de 8.000 personnes en France par an et survient rarement avant 50 ans. Souvent diagnostiqué à un stade avancé, à la suite de douleurs abdominales ou lors de la découverte de sang dans les urines, son traitement consiste en une ablation du rein touché. S’ensuit une thérapie par antiangiogénique destinée à stopper le développement de nouvelles tumeurs en empêchant la formation des vaisseaux sanguins."Le traitement du cancer du rein a beaucoup évolué ces dernières années et permet aujourd’hui de considérer la maladie comme chronique", a indiqué le Pr Bernard Escudier, urologue à l’hôpital Necker, au cours d’une présentation des dernières innovations. "Les traitements antiangiogéniques permettent de contrôler l’évolution des tumeurs dans 75% des cas et sont globalement bien supportés. Ce qui permet de conserver une certaine qualité de vie".Reste la difficulté pour le patient de vivre avec la maladie, qu’elle soit contenue ou non, et cette éternelle épée de Damoclès qui renforce l’angoisse de la rechute. "Il est primordial de sortir de l’isolement, de communiquer avec ses proches et le milieu médical. De leur côté, les médecins doivent encourager la parole, prendre le temps d’écouter", souligne Bernard Giraudeau en lutte avec le cancer du rein depuis sept ans et parrain de l’association ARTuR. Cette association est chargée en particulier d’améliorer la prise en charge des patients."NE SURESTIMEZ PAS VOS FORCES"Ancien chirurgien oncologue, le psychothérapeute Thierry Jansen reconnait qu’il n’était auparavant pas conscient de l’importance de prendre un temps de parole avec les patients. Il faut pourtant les encourager à s’extérioriser puisqu’en général, ils n’osent pas exprimer leurs doutes et leurs angoisses qu’ils en viennent parfois à apaiser par d’autres approches non médicalisées".Les approches alternatives recherchées pour compléter la prise en charge thérapeutique ne sont pas pour autant proscrites. "Il est cependant indispensable que le patient en informe son médecin pour alerter sur d’éventuelles interactions néfastes avec les traitements en cours", précise le Pr Escudier.Le soutien primordial des proches a également été évoqué à travers divers témoignages de volontaires, en particulier celui d’une femme qui s’est sentie démunie et en souffrance face au cancer de son mari qu’elle a accompagné pendant plusieurs années. A cette occasion, Thierry Jansen a rappelé que plusieurs études ont montré que les proches, face au cancer, ont tendance à laisser leur santé se dégrader et peuvent même en venir à souffrir davantage que le malade lui-même. " Ne surestimez pas vos forces et ne vous mettez pas en danger", a lancé le Pr Escudier. "Préservez-vous, vous serez alors dans les meilleures conditions pour accompagner un malade".ETABLIR DES REGLES DE COMMUNICATIONPour Thierry Jansen, il est important d’établir des règles de communication, autant avec le médecin qu’avec ses proches. "Lors du diagnostic, il peut être rassurant d’exprimer ses volontés et ses exigences quant aux informations données tout au long du suivi. Il peut également s’avérer utile de préciser au médecin la place d’un de ses proches dans l’accompagnement et sa volonté ou non d’être informé au même titre que le patient", indique Thierry Jansen."Chaque patient, chaque couple a son histoire. Le médecin est souvent amené à deviner les souhaits et les volontés de chacun, mais c’est aussi au patient de s’extérioriser, de proposer et exprimer ses souhaits", a-t-il rajouté.Dans ce cadre, l’association ARTuR espère contribuer à l’évolution des mentalités et encourage les patients à chercher sur son site internet, récemment finalisé, l’information et surtout à s’en servir comme moyen d’échange et de communication. Créée en 2006, ARTuR a pour objet la promotion de la recherche fondamentale, clinique et thérapeutique sur les tumeurs du rein. Elle étend également ses activités aux malades et à leur entourage pour améliorer la prévention et favoriser une bonne prise en charge de leur maladie./vr/ajr

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21 mars 2008

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