CANCER DU POUMON : PREMIER TEST GÉNOMIQUE PRÉDICTIF DU RISQUE DE RÉCIDIVE Cancer du poumon : premier test génomique prédictif du risque de récidive
Publiés dans le "New England Journal of Medicine" (NEJM), ces résultats se sont avérés tellement prometteurs qu’ils ont incité les auteurs de l’étude à mettre en place un essai clinique, dont le lancement est prévu d’ici six mois. Il portera sur plus de 1.000 patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules (NAPC) de stade précoce, recrutés dans divers établissements de soins aux Etats-Unis et au Canada.Le nouveau test, baptisé Lung Metagene Predictor, passe en revue des milliers de gènes afin d’identifier leur profil d’activité dans les tumeurs, lequel indique la probabilité de récidive. "En utilisant les signatures génomiques propres à chaque tumeur, notre nouveau test a prédit avec 90% de précision quels patients atteints d’un cancer du poumon NAPC étaient susceptibles de récidiver et ceux qui ne l’étaient pas", se félicite Anil Potti, le principal auteur de l’étude.Si le test peut en théorie s’appliquer à tous les types de cancers, l’équipe de l’université de Duke à Durham a porté son attention sur le cancer du poumon, dont le taux de survie n’est que de 15%. En outre, parmi les patients atteints d’une tumeur de stade pourtant précoce et donc peu susceptible de récidiver, au moins un tiers vont néanmoins être victimes d’une rechute, expliquent les auteurs dans leur article.L’essai clinique sera donc le premier à utiliser un test génomique afin de décider d’une option thérapeutique (chimiothérapie ou absence de traitement), explique David Harpole, qui dirigera l’essai. Si son efficacité est confirmée, ce test devrait remplacer la méthode actuelle d’évaluation du risque de récidive, qui repose sur plusieurs critères cliniques : la taille de la tumeur, l’envahissement ganglionnaire et la présence de métastases. Imprécise, elle ne permet par de déterminer avec exactitude les patients qui pourraient tirer profit d’une chimiothérapie et ceux pour lesquels cette approche thérapeutique serait au contraire toxique, explique Joseph Nevins, généticien moléculaire, qui a participé à l’étude."Ce nouveau test génomique est un exemple d’une médecine personnalisée, où l’on utilise les caractéristiques moléculaires propres à la tumeur des patients pour guider les choix thérapeutiques", conclut Geoffrey Ginsburg, co-auteur de l’étude./ar/mr(New England Journal of Medicine, 10 août 2006, vol. 355, n° 6, p. 570-580)

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10 août 2006

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