CANCER DU CÔLON : UN TOUR DE FRANCE À VÉLO EN SOLITAIRE POUR SENSIBILISER AU RISQUE Cancer du côlon : un Tour de France à vélo en solitaire pour sensibiliser au risque
"Une personne sur 20 sera un jour atteinte d’un cancer du côlon, le cancer le plus fréquent tout sexe confondu et pourtant personne n’en parle !" déplore le Dr Jean-Marc Majeau, dans une interview accordée à APM Santé. Lui-même a été atteint puis guéri de ce cancer en 2005, à l’âge de 45 ans. Avec plus de 40.000 cas et près de 20.000 décès chaque année, le cancer du côlon représente un effet le deuxième cancer en terme de mortalité. Toutefois, une tumeur détectée précocement pourra être guérie dans 80% des cas, tandis que le taux moyen de guérison s’élève à seulement 50% en moyenne aujourd’hui. Le dépistage précoce de ce cancer dans la population représente donc un véritable enjeu qui permettrait d’éviter près de 7.000 décès par an, selon le spécialiste catalan.Ce gastro-entérologue et ancien patient a donc décidé de passer à l’action en entreprenant un Tour de France à vélo en solitaire, du 25 août au 20 septembre prochain, afin d’informer la population du risque du cancer du côlon. Parti de sa ville de Prades, il a déjà traversé les villes de Montpellier et Chalon, au rythme de 140 km par jour, et se rendra à Mulhouse, Colmar, Strasbourg puis Paris où il rencontrera le Ministre de la Santé le 4 septembre et se rendra au Sénat le 5 septembre avant de rejoindre la Bretagne et de redescendre par les Landes et le Pays Basque. Baptisé "cyclogalloscopie" *, ce parcours sportif de 3.000 km simule la forme d’un côlon sur la carte de France. Dans chaque ville traversée, sont organisées des conférences et des rencontres avec la population et les personnes impliquées dans le dépistage organisé. "Je souhaitais parler de cette maladie de façon plus positive et mon exploit va dans ce sens. En tant qu’ancien patient, je suis également mieux écouté qu’en tant de professionnel", explique le spécialiste, également ancien joueur de rugby."J’ai entrepris de me rendre dans les départements qui ont été le fer de lance du dépistage organisé tels que l’Ain, la Saône et Loire et la ville de Rennes, qui ne parviennent toutefois pas à mobiliser suffisamment leur population, mais aussi dans les départements qui se battent aujourd’hui pour obtenir la mise en place du dépistage organisé, tels que le Morbihan, la Drôme ou l’Ardèche", explique à APM Santé Jean-Marc Majeau."LA POPULATION ET LES MÉDECINS NE PENSENT PAS ASSEZ AU RISQUE"Le dépistage organisé du cancer du côlon a été initié dans 22 départements pilotes, notamment celui des Pyrénées Orientales où exerce le Dr Majeau. Toutefois, malgré la mise en place de ce système, moins de 30% des personnes ayant reçu une convocation, se rendent chez leur médecin pour un dépistage. Cette faible adhésion de la population s’expliquerait d’une part par le manque d’information de la population et d’autre part par les douleurs et la gêne engendrées par les tests de dépistage (analyse des selles ou coloscopie).Au delà du dépistage précoce, la population est également très peu informée de la nature des symptômes du cancer du côlon. Le Dr Jean-Marc Majeau rappelle que l’apparition soudaine de douleurs, de troubles du transit, de diarrhées ou de saignements, doivent inciter le patient à consulter immédiatement son médecin. "La majorité des patients que je reçois dans mes consultations présentent des symptômes (saignements, diarrhées) depuis plus d’un an sans avoir consulté un médecin", témoigne-t-il. "Les gens ne pensent pas au cancer du côlon car cette pathologie a bénéficié de beaucoup moins de publicité que le cancer de la prostate ou du sein par exemple", ajoute-t-il. Le message de Jean-Marc Majeau, s’adresse également aux médecins généralistes afin qu’ils "prêtent plus d’attention aux symptômes du cancer du côlon".A Paris, le gastro-entérologue catalan souhaite alerter la classe politique, en cette période pré-électorale, sur les risques du cancer du côlon et la nécessité de la mise en oeuvre du dépistage généralisé, aujourd’hui ralentie en raison notamment d’incertitudes sur le pilotage et sur le financement. "Je souhaite leur faire peur. Pour la grippe aviaire, tout le monde s’est mobilisé très rapidement et cela a très bien fonctionné. Pourtant le nombre de victimes de ce virus est mineur comparé aux 18.000 décès annuels dûs au cancer du côlon", renchérit le Dr Majeau."Lorsqu’une personne de plus de 50 ans dira à son médecin : je viens consulter car je crains d’avoir un cancer du côlon, cela représentera une victoire", conclut le gastro-entérologue./sc/ajr* www.cyclogalloscopie.com

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4 septembre 2006

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