CANCER DU COL DE L’UTÉRUS : COUP D’ENVOI DE LA PREMIÈRE SEMAINE EUROPÉENNE DE PRÉVENTION Cancer du col de l’utérus : coup d’envoi de la première Semaine européenne de prévention
C’est le Pr Jacques Lansac, président du CNGOF, qui a présenté cette campagne de prévention mardi, lors d’une conférence de presse organisée à Paris, tout en rappelant la position du Collège sur la vaccination contre les papillomavirus (HPV) à potentiel oncogène 16 et 18. Ce dernier se montre en effet favorable à cette vaccination, à condition que le dépistage devienne mieux organisé (car trop nombreuses sont les femmes échappant encore en France aux frottis) et que le vaccin soit remboursé afin de ne pas défavoriser les personnes aux faibles revenus.Toute la journée du 24 janvier prochain, de 9h à 19h, le CNGOF mettra à la disposition du public le numéro 0820 366 110 (0,15 euros TTC/mn) pour permettre aux jeunes filles et à leur mère de poser toutes les questions relatives aux infections à HPV et à la nouvelle vaccination. De jeunes gynécologues-obstétriciens mobilisés pour l’occasion par le Collège et l’Association des gynécologues-obstétriciens en formation (Agof) répondront à leurs interrogations.D’autre part, le CNGOF diffuse auprès des médecins et des sages-femmes quatre documents grand public élaborés en concertation avec l’ECCA : "Dépistage du cancer du col de l’utérus", "Surveillance et traitement d’un frottis anormal", "Papillomavirus et cancer du col de l’utérus", "Tout ce que vous devez savoir pour éviter le cancer du col". En outre, dès le 21 janvier, le Collège favorisera en régions l’information du public par le biais de conférences de presse régionales ou de réunions de sensibilisation.VACCINER POUR DIMINUER LA FRÉQUENCE DES LÉSIONS CANCÉREUSES ET PRÉCANCÉREUSESLes papillomavirus 16 et 18 sont les génotypes viraux à haut risque de cancer du col les plus fréquemment retrouvés dans la population et contre lesquels le vaccin est efficace. Ce dernier induit la synthèse d’anticorps qui, pour agir, doivent être présents au niveau de la muqueuse et des sécrétions du col utérin avant la première exposition au virus."Il réduirait à la fois la fréquence des cancers du col, celle des lésions précancéreuses, qui nécessitent une surveillance accrue, voire des traitements chirurgicaux parfois mutilants, ainsi que celles des condylomes (verrues génitales sans danger mais délicates à traiter)", rappelle le Pr Lansac.Toutefois, prévient-il, dans la mesure où ce vaccin ne protège pas contre 30% environ des cancers du col de l’utérus et que la durée de la protection n’est pas encore clairement établie, il ne faudrait pas que la certitude d’être protégé par la vaccination entraîne un dangereux renoncement au dépistage. Une position partagée par le Dr Christine Bergeron du laboratoire Pasteur-Cerba, en particulier pour les jeunes femmes de 25 ans qui auraient bénéficié de cette vaccination et se sentiraient par conséquent à l’abri du risque, mais qui doivent néanmoins se soumettre à un premier frottis de dépistage.La vaccination est proposée aux adolescentes et aux jeunes filles, avec un impératif, estime la spécialiste : être suivies sur le plan gynécologique dès les premiers rapports sexuels. L’âge idéal de la vaccination pourrait être fixé en France à 14 ans, sachant que l’âge moyen des premiers rapports sexuels est de 17 ans et qu’une infection par le HPV ne représente pas une contre-indication à cette vaccination (contrairement à la grossesse qui en est une). Des recommandations en la matière émanant de la Direction générale de la santé et de l’Inca (Institut national du cancer) sont d’ailleurs attendues pour début mars. Seul bémol : la durée de l’immunité conférée (avec le vaccin, on dispose d’un recul de 5 ans pour l’instant), sachant que la transmission du papillomavirus se fait après le début de la vie sexuelle, mais qu’un rappel s’avèrerait peut-être nécessaire.Le vaccin s’administre en trois injections à un mois d’intervalle chacune, dont le coût s’élève à 140 euros l’injection, ce qui représentera certainement un frein à l’accès à ce type de soin pour toute une frange de la population, regrette le Pr Lansac, qui, pour conclure, insiste sur une prise en charge indispensable par l’assurance maladie si la vaccination doit se généraliser à l’ensemble des adolescentes. Selon lui, une vaccination de masse permettrait certainement de négocier les prix avec l’industrie pharmaceutique.../ajr

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16 janvier 2007

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