AMIANTE : 100.000 DÉCÈS PAR MÉSOTHÉLIOME EN EUROPE Amiante : 100.000 décès par mésothéliome en Europe
Menée dans treize pays d’Europe occidentale, l’étude d’Eurogip a visé à faire le point sur les maladies professionnelles liées à l’amiante et notamment sur les estimations de mortalité par mésothéliome.Dans son rapport, intitulé "Les maladies professionnelles liées à l’amiante en Europe", Eurogip compare ses données à celles de l’étude menée par le Dr Julian Peto, de l’Institute of Cancer Research (Londres), et publiée dans le "British Journal of Cancer" en 1999, qui prévoyait, à partir de modèles de mortalité par cancers pleuraux dans six pays européens, que près de 250.000 personnes pourraient décéder d’un mésothéliome entre 1995 et 2029. "Bien que dramatique, le bilan serait moins catastrophique que ne le prévoyait Peto en 1999, puisqu’il se solderait par 100.000 décès par mésothéliome", indique Eurogip dans le dossier de presse accompagnant le rapport.VERS UNE BAISSE DE L’INCIDENCE DU CANCER DU POUMON LIÉ À L’AMIANTEPour Eurogip, il "semble que l’augmentation de l’incidence du mésothéliome dans les années, ou même les décennies à venir, s’arrêtera plus tôt que prévu, notamment en Europe du Nord, où des mesures visant à réduire l’exposition professionnelle ont été prises dès les années 70". De plus, "le mésothéliome étant considéré comme l’indicateur le plus sensible et le plus spécifique des effets négatifs de l’exposition à l’amiante, on peut s’attendre à une évolution similaire pour d’autres maladies malignes, comme le cancer du poumon lié à l’amiante", explique Eurogip.A l’appui de ses conclusions, Eurogip estime que "les études sur l’évolution réelle de la mortalité réalisées depuis révèlent des chiffres inférieurs" à ceux de 1999 et cite la révision à la baisse des prévisions aux Pays-Bas effectuée en 2003, "avec des cas de mortalité inférieurs à 44%". Eurogip cite également une analyse écologique récente "fondée sur des données compilées de neuf pays", selon laquelle la période de latence (temps écoulé entre la première exposition et les manifestations cliniques du mésothéliome) est estimée à approximativement 25 ans au lieu de 32 ans comme annoncé en 1992.DES ÉCARTS IMPORTANTS ENTRE PAYSSi les critères de reconnaissance des quatre principales maladies professionnelles (asbestose, cancer du poumon, mésothéliome et plaques pleurales) liées à l’amiante -qui figurent le plus souvent sur la liste nationale des maladies professionnelles- apparaissent "relativement homogènes d’un pays à l’autre", Eurogip constate des "écarts relativement importants entre pays" en termes de nombre de cas reconnus rapportés à 100.000 assurés pour les trois principales pathologies de l’amiante : de 0,15 en Espagne à 5,23 en Allemagne pour l’asbestose, de 0,03 en Suisse à 3,3 en France pour le cancer du poumon dû à l’amiante et de 0,08 en Belgique à 14,27 en France pour les plaques pleurales. Ces différences s’expliquent notamment par l’importance de la population exposée du fait des activités économiques, la date d’entrée en vigueur de l’interdiction de l’utilisation de l’amiante ou des dispositions relatives à la protection des travailleurs exposés, la politique de détection des travailleurs exposés aux poussières d’amiante dans le passé ainsi que le système de reconnaissance des maladies professionnelles en vigueur.Eurogip note qu’en matière de détection des travailleurs exposés aux poussières d’amiante, "l’Allemagne, la Finlande ou la Norvège, particulièrement actifs en la matière, supportent aujourd’hui statistiquement les résultats de leur initiative".Le nombre de cas d’asbestose montre une régression dans la plupart des pays, après avoir connu des pics dans les années 90, ce qui constitue "le résultat de l’interdiction plus ou moins tardive de l’usage de l’amiante, combinée à une période de latence (de dix à vingt ans) plus courte que pour les autres pathologies".Concernant le nombre de cas de mésothéliomes et de cancers du poumon dû à l’amiante, Eurogip distingue deux groupes de pays : ceux où on observe une stabilisation, voire une baisse, du nombre de cas reconnus depuis quelques années, du fait de l’interdiction précoce de l’usage de l’amiante (Danemark, Finlande, Norvège et Suisse) et ceux qui subissent une hausse régulière "voire exponentielle" du nombre de cas (France, Allemagne, Italie et Belgique). Mais chaque pays avance sa propre explication, souligne Eurogip : la réunification de l’Allemagne en 1990 et l’introduction en 1993 d’un critère supplémentaire dans la procédure de reconnaissance du caractère professionnel du cancer du poumon ; en France, l’évolution de la législation sur la reconnaissance dans un sens favorable à la victime ou encore, pour l’Italie "l’inscription tardive, en 1994, du mésothéliome et du cancer pulmonaire et la création en 1992 d’un système de retraite anticipée [ont] probablement favorisé un accroissement des demandes de reconnaissance et donc des cas reconnus dans ce pays".En matière de réparation, les maladies causées par l’amiante sont généralement indemnisées comme n’importe quelle autre maladie professionnelle, sauf exception en Suède où l’indemnisation des plaques pleurales est meilleure, ainsi qu’en France et aux Pays-Bas qui ont mis en place un régime d’indemnisation dérogatoire.Groupement d’intérêt public (GIP) constitué en 1991 par la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) et l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), Eurogip a pour mission "d’animer, coordonner et développer au plan européen les actions de la sécurité sociale en matière de risques professionnels"./vg/mr/ajr("Les maladies professionnelles liées à l’amiante en Europe - Reconnaissance, chiffres, dispositifs spécifiques", Eurogip, 48 p.)

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28 avril 2006

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