AIDE À DOMICILE : À PARIS, LES PATIENTS QUI NE BÉNÉFICIENT D’AUCUNE PRESTATION PEUVENT COMPTER SUR ACHILLÉE Aide à domicile : à Paris, les patients qui ne bénéficient d’aucune prestation peuvent compter sur Achillée
Achillée, qui porte le nom d’une plante dotée de vertus cicatrisantes, a été mis en place à l’initiative du Comité de Paris de la Ligue contre le cancer (CPLC) en 2006, avec l’aide de l’Union des associations d’aide de soins et de services à domicile (UNA PARIS) qui coordonne le projet au niveau logistique. Le dispositif cible les personnes atteintes de cancer, domiciliées à Paris et non retraitées, et surtout ne bénéficiant pas, ou étant dans l’attente, de prestations légales ou extra-légales.Il fait intervenir à domicile des auxiliaires de vie sociale (AVS) qualifiées, qui peuvent prendre le relais lorsque les patients rencontrent des difficultés face aux tâches quotidiennes, non médicales. Elles interviennent pour assurer la toilette, l’habillage, la préparation des repas, l’entretien du logement, l’aide aux déplacements ou encore les démarches administratives.Les rôles des deux organismes sont complémentaires : le CPLC intervient pour promouvoir le dispositif, former les AVS et leurs encadrants à la prise en charge de patients cancéreux, et finance une grande partie des prestations. D’un autre côté, l’UNA PARIS apporte son réseau d’associations de proximité et assure la coordination du système. C’est ce dernier volet qui a reçu le soutien de la Fondation Roche.UNE INTERVENTION RAPIDE EN CAS D’URGENCESelon Philippe Souder, directeur de l’UNA PARIS, en dehors de ce dispositif, "la prise en charge est concentrée sur les personnes âgées. De plus, les prestations légales, longues à obtenir, délivrent souvent une aide à court terme". Avec Achillée, "l’enjeu est de mettre en place une prise en charge qui dépasse les trois mois d’aide qu’il est légalement possible d’obtenir dans une logique de proximité et de complémentarité avec la prise en charge hospitalière. Achillée complète l’hospitalisation à domicile et ne la remplace pas", explique-t-il.Ce qui fait l’originalité de ce système, c’est aussi sa réactivité : une auxiliaire peut intervenir dans les 48 heures, après un bilan d’évaluation de la perte d’autonomie, et ainsi soulager les personnes au décours d’une hospitalisation. Les auxiliaires peuvent également agir lors des fréquents allers et retours hôpital/domicile, qui rythment la vie des patients sous chimiothérapie. La limite de cette prise en charge a été fixée par le CPLC, à 96 heures de prise en charge réparties sur 6 mois.Le CPLC finance une grande partie de ce dispositif : si l’UNA PARIS facture une heure de prise en charge 19 euros, le reste à charge pour le patient s’étale, selon ses ressources, de 0,29 à 5,70 euros par heure.Brigitte Gabillaud, chargée de l’action sociale et de la santé à l’UNA PARIS, indique que "la principale difficulté réside dans le signalement des personnes en situation de recevoir cette aide : nos interlocuteurs sont les assistantes sociales, en particulier en secteur hospitalier, les équipes médicales, les réseaux d’aide à domicile". Le site internet de l’UNA PARIS mentionne également que "la demande peut être faite par la personne elle-même ou par un membre de son entourage auprès d’un service social (Mairie, CPAM, hôpital, Accueils Cancer de la ville de Paris*...) qui remplira le formulaire d’enquête et transmettra la demande au Comité de Paris de la Ligue contre le cancer".Si une intervention rapide est nécessaire, le CPLC transmet le dossier à l’UNA Paris, qui elle-même le remet, dans la journée, à l’une des associations de proximité qui la compose. Philippe Souder explique que "le responsable de secteur de l’association se rend alors au domicile de la personne, et effectue un bilan d’évaluation, portant sur la baisse d’autonomie en rapport avec les actes essentiels de la vie quotidienne : préparer les repas, se laver, prendre ses médicaments, assurer l’entretien de son cadre de vie, etc.".Selon lui, environ 150 personnes ont bénéficié, depuis 2006, du dispositif Achillée. L’objectif commun de la Ligue et de l’UNA PARIS est d’assurer un accompagnement effectif pour 300 à 400 malades. ACHILLEE REPOND A UN BESOIN, MAIS A BESOIN D’ETRE PERENNISEIl indique qu’un audit à été mené sur Achillée, à l’initiative du CPLC. "Les résultats ont montré un taux de satisfaction global des patients de 90%. On répond donc bien à un besoin, que les équipes de soins à domicile avaient d’ailleurs constaté sur le terrain". Reste à assurer le financement à long terme.Si le Comité de Paris de la Ligue contre le cancer et l’UNA PARIS se répartissent les rôles, chacun soutient financièrement une partie différente du dispositif. Ainsi le CPLC finance la prestation sur ses fonds propres, c’est à dire qu’il prend en charge une grande partie du prix facturé par l’UNA PARIS. La directrice du CPLC, Stéphanie Lefèvre, indique que "de mai 2006 à décembre 2007, nous disposions pour financer les dossiers que nous avons reçus, de l’argent de nos donateurs (cotisations, dons, legs) et d’une subvention de la mairie de Paris. A ces deux sources, en 2008, s’est ajoutée une subvention ponctuelle de l’Institut national du cancer. En revanche, pour 2009, nous sommes à la recherche de nouveaux financements, et nous n’avons pas encore de piste à ce sujet".L’UNA PARIS met à disposition son réseau d’associations d’aides à domicile, son expertise, et a assuré, jusqu’à aujourd’hui, "à titre gracieux", la coordination du projet. Dans ce contexte, "le soutien de la Fondation Roche s’inscrit dans la durée : trois ans de financement nous permettront de professionnaliser et de pérenniser la coordination du dispositif. Il va également, nous l’espérons, nous permettre de trouver d’autres partenaires", indique le directeur de l’UNA PARIS.Il précise à l’APM que ce prix, concrètement, va permettre à l’UNA PARIS "de recruter une personne pour gérer le dispositif, mais nous espérons également que la ville de Paris et le Conseil général, auxquels nous avons déposé des demandes de financement, vont nous soutenir".Si l’utilité et l’efficacité d’Achillée ont été mises en évidence, l’UNA PARIS et le Comité de Paris de la Ligue contre le cancer travaillent désormais à l’installer dans la durée./ep/ajr(* Accueils Cancer de la ville de Paris :- 18, rue Quincampoix 75004 Paris - Tél. : 01.49.96.75.75
161, quai de Valmy - 75010 Paris - Tél. : 01 55 26 82 82
37, boulevard Saint-Marcel - 75012 Paris - Tél. : 01.44.73.86.86
5, place d’Alleray 75015 Paris - Tél. : 01.56.08.55.55)

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17 janvier 2008

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