ACCÈS À L’IRM : APRÈS TROIS ANS D’AMÉLIORATION, LA SITUATION SE DÉGRADE DE NOUVEAU Accès à l’IRM : après trois ans d’amélioration, la situation se dégrade de nouveau
Supérieur à un mois, le délai moyen national s’élève à 33,2 jours, soit plus de deux fois l’objectif du Plan cancer fixé pour 2007, ont souligné les représentants de l’association, lors d’une conférence de presse.Le délai d’obtention d’un rendez-vous sur appel téléphonique est devenu un indicateur reconnu pour évaluer l’offre de soins. Il faisait partie des objectifs du Plan cancer présenté par le président de la République en 2003, Jacques Chirac ayant fixé comme objectif raisonnable un délai de 15 jours pour 2007.La réduction des délais d’attente observée ces dernières années dans cette enquête, menée par la société de conseil Cemka-Eval pour des fabricants de matériel, a été saluée à plusieurs reprises dans les bilans du Plan cancer présentés par le président de la République, le ministre de la santé et l’Institut national du cancer (Inca).Reconduite en 2006 pour la quatrième année consécutive avec la même méthode, l’enquête montre cette fois une dégradation de la situation. Menée auprès de 372 structures disposant d’au moins une IRM à usage diagnostique humain, l’enquête a consisté à simuler la situation d’un patient qui souhaite un rendez-vous pour une IRM urgente, prescrite par son médecin cancérologue, dans une indication correspondant aux recommandations de pratiques actuelles en cancérologie. Il s’agit d’un patient opéré pour un cancer du côlon il y a trois mois et qui présente une douleur lombaire faisant suspecter des métastases.Le taux d’obtention d’un rendez-vous sur appel téléphonique a enregistré une légère hausse à 49,2% contre 46,7% en 2005, a détaillé Bruno Detournay de Cemka-Eval.Pour les rendez-vous obtenus, le délai d’attente a ré-augmenté à 26,3 jours contre 24,6 en 2005, 30,9 en 2004 et 43,6 en 2003. Lorsque le rendez-vous par téléphone était refusé (car les établissements ont des procédures pour la prise de rendez-vous avec envoi d’ordonnance, formulaire...), il était demandé au service quel était son délai moyen, ce qui donnait un délai estimé.Le délai moyen pour les rendez-vous obtenus et estimés atteignait 33,2 jours en 2006 contre 29,3 jours en 2005 et 36,1 jours en 2004. Entre 2005 et 2006, le délai moyen a augmenté de 3,9 jours.DES INÉGALITÉS RÉGIONALES QUI S’AGGRAVENTLes variations régionales persistent et s’aggravent. Ainsi, le délai moyen est de 20,8 jours en Ile-de-France et 20 jours en Midi-Pyrénées mais il atteint 62,6 jours en Lorraine et 54,7 jours en Haute-Normandie, sans parler de la Corse qui se situe à 89 jours.Aucune région n’atteint l’objectif du Plan cancer pour 2007 et plus de la moitié (51,9%) des Français vivent dans des régions où les délais d’attente dépassent 30 jours, selon cette enquête.Différents facteurs sont à l’origine de cette dégradation qui était assez prévisible, les résultats de 2005 ayant déjà montré une diminution plus lente des délais, a indiqué Bruno Detournay.Il a cité la démographie (la population des plus de 60 ans augmente de 1% par an), de nouvelles indications (cardiologie, neurologie, oncologie et développement des explorations fonctionnelles) et une amélioration des pratiques avec une meilleure application des recommandations.En outre, on constate un ralentissement des programmes d’équipements sur 2005-2006, après les efforts mis en oeuvre depuis plusieurs années. Le nombre d’IRM installées est passé de 352 au 1er janvier 2005 à 393 au 1er janvier 2006, soit 41 de plus contre 71 de plus entre 2004 et 2005 et 51 de plus entre 2003 et 2004.De plus, aucune autorisation nouvelle n’a été accordée depuis 2005 et il existe toujours un délai incompressible de 18 mois entre une autorisation et l’installation de l’appareil. "Par conséquent, même si une décision était prise maintenant, elle n’aurait un impact que dans deux ans", a souligné l’auteur de l’étude."Si on avait vraiment voulu atteindre l’objectif des 15 jours pour 2007, il aurait fallu plus de 100 équipements installés fin 2006", a estimé Bruno Detournay. "Il faudrait autoriser au moins 135 IRM et les installer d’ici fin 2007 pour rattraper le retard, et un peu moins de 100 nouveaux appareils par an pour maintenir le résultat", a-t-il ajouté.Or, les Sros 3 (2006-2010) prévoient 30 autorisations d’IRM supplémentaires par an en France.UN PLAN D’ENVERGURE NÉCESSAIREEtant donné ces éléments, "la situation ne peut que s’aggraver en 2007", a souligné Michèle Lesieur, présidente d’ISA. "Il est urgent de relancer un plan d’action d’envergure pour accélérer le rythme des installations, si l’on veut respecter les engagements pris et diminuer les risques potentiels pour les patients", a-t-elle ajouté.Le décalage par rapport aux voisins européens persiste, la France restant en queue de peloton avec un taux d’équipement de 6,6 appareils par million d’habitants contre 9,8 au Royaume-Uni et 20,6 en Allemagne.Le Royaume-Uni qui avait 331 IRM fin 2001 (contre 224 en France) comptait 209 nouveaux appareils fin 2005 contre 169 pour la France.Présent à la conférence de presse, le Pr Jean-François Meder, membre de la Société française de radiologie (SFR) et chef du pôle imagerie morphologique et fonctionnelle au centre hospitalier Sainte-Anne (Paris), a fait part de son inquiétude.Il faut aussi prendre en compte le vieillissement du parc. Selon une petite enquête qu’il a menée lui-même, les appareils d’IRM de certains CHU datent de plus de 10 ans, parfois presque 15 ans."A l’heure actuelle, nous n’avons plus les moyens d’assumer notre triple mission d’enseignement, de recherche et de soins", a estimé le spécialiste. Son établissement attend l’installation d’une deuxième machine depuis six ans alors que "si l’on considère les vrais besoins, nous devrions attendre aujourd’hui notre quatrième machine", a-t-il cité. Pour réduire les délais d’attente, les plages horaires de rendez-vous ont été étendues, de 7h30 à 22h./sl/ajr

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22 septembre 2006

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